LES POSSESSIONS FRANÇAISES DE L’OCÉANIE 127
sol et de coolies faites simultanément aux autorités néer-
landaises et de notre Indochine, ont permis à l’adminis-
tration locale d’introduire d’assez gros effectifs de Malais
et de Javanais, ainsi que d’Indochinois. Cependant, en
raison des hauts salaires auxquels sont engagés ces tra-
vailleurs, il faut reconnaître que leur emploi n’est pas à la
portée des petits colons dépourvus de capitaux ; ils ont
surtout pour but de satisfaire aux besoins des grosses
exploitations agricoles, minières ou industrielles, ce qui
a d’ailleurs pour résultat de laisser le peu de main-d’œuvre
autochtone disponible à la disposition des petites entre-
prises et des colons isolés.
C’est ici l’occasion de dire que, contrairement à certains
bruits fâcheux répandus dans la métropole, la Nouvelle-
Calédonie et ses dépendances offrent de larges possibilités
culturales aux immigrants résolus à demander à un sol
généralement fertile leur subsistance d’abord et, aveo le
temps et quelque persévérance, les moyens de s’enrichir.
La Nouvelle-Calédonie est donc, au sens complet du
mot, un pays de peuplement, au même titre et peut-être
même mieux que ne le sont nos colonies de l’Afrique du
Nord. Mais pour que des colons puissent en nombre consi-
rable venir s’implanter sur les terres vierges qui abondent
là-bas, dont beaucoup d’ailleurs sont inaccessibles faute
de voies de communication, ou parce que nominalement
réservées à l’élevage, alors qu’elles sont en fait abandon-
nées à l’envahissement d’une brousse parasitaire, il faut
que des mesures foncières appropriées et un programme
routier adéquat soient élaborés et le plus tôt possible
réalisés. C’est, nous le savons, l’un des soucis de l’adminis-
tration locale.
Celle-ci songerait d’ailleurs, afin d’activer la mise en
valeur de bien des places actuellement vacantes, à recourir
à un système de métayage qui fixerait au sol pour un
temps ou*à titre définitif, des cultivateurs indochinois
ou javanais. Ceux-ci constitueraient pour l’avenir d’in-