LES POSSESSIONS FRANÇAISES DE L’OCÉANIE 137
services non seulement intelligents et dévoués, mais par-
fois aussi spontanés et désintéressés.
Aucun recensement sérieux n’a pu être fait dans ces îles,
mais on admet généralement comme très près de la
vérité 15 000 habitants pour Saint-Esprit ; Mallicolo et
Tanna en auraient 8000 chacune, Vaté, de 3 à 4 000,
Noba et Ambryn 3 000, enfin Erromango, de 1500 à 2000,
soit de 40 à 43 000 âmes pour l’ensemble de l’archipel-
On peut regretter qu’ici, comme dans presque tout le
domaine colonial du grand Océan, le mouvement déme-
graphique n’accuse aucun progrès. Comme les Polynésiens,
les Mélanésiens ne résistent pas au contact de la civili-
sation occidentale. Leur malheureux sort semble, hélas !
de devoir disparaître.
Le climat des Hébrides se ressent énormément du voi-
sinage de la zone équatoriale. Les pluies y sont fréquentes,
l'humidité considérable, la chaleur parfois fort pénible à
supporter, encore que ne dépassant guère 32°. Aussi le
paludisme règne à l’état permanent. Les organismes y
sont vite débilités et les Européens, en tout cas, ne sau-
raient comme en Calédonie s’astreindre à des travaux
manuels sans beaucoup en souffrir.
Il est évident que les défrichements, les irrigations, la
mise en culture du sol atténueront ces inconvénients.
et l’on peut, dès à présent, assurer que la race blanche
s'adapte assez aisément à ce milieu. De nombreux
exemples de grande longévité démontrent que la colo-
nisation de peuplement y sera. dans l’avenir, chose très
possible.
Les indigènes néo-hébridais étant peu soucieux d’alié-
ner leur liberté au profit des colons, travaillés qu’ils ont
êté par des influences obstinément hostiles, celles des
missionnaires presbytériens, maîtres en quelque sorte du
pays, force a été ces temps derniers de recourir à la main-
d'œuvre importée. Des contingents javanais et indochi-
nois ont vermis de relever certaines entreprises agricoles