CHAPITRE IX
LES PRINCIPES DE LA
POLITIQUE FRANCAISE COLONIALE
—- LA SAUVEGARDE DES RACES INDIGÈNES
par le D' CALMETTE,
sous-drrecteur de l’Institut Pasteur.
La question de la sauvegarde des races indigènes peut
Ître traitée de différentes manières. On pourrait par
exemple l’envisager du point de vue ethnographique ou
anthropologique et se demander comment on pourrait
intervenir utilement pour empêcher les races indigènes
de nos colonies de dégénérer, d’être, permettez-moi
l'expression, polluées par des sangs impurs et de subir
le sort qu'ont subi certaines populations qui n’ont pas
pu résister à la lutte pour l’existence, par exemple, les
Indiens peaux-rouges de l’Amérique du Sud, les Aztèques
du Mexique, les Boschimans de l’Afrique australe. Ces
races auront probablement tout à fait disparu avant peu
de temps et l’on peut se demander s’il y a un intérêt social
à empêcher leur disparition. On peut se demander aussi
par quelles mesures administratives on pourrait régénérer
les races qui se défendent mal et s’il n’y aurait pas lieu
de préparer une sorte de réglementation à ce sujet.
En ce qui concerne ce point de vue de la question, ma
compétence ne serait pas très grande et j'avouerai que
je suis un peu pessimiste. Je crois qu’il n’y a pas grand’-
chose à faire pour empêcher les races qui ne peuvent pas