LES PRINCIPES DE LA POLITIQUE COLONIALE 145
à s'alimenter d’une façon suffisante pour subvenir à leurs
besoins physiologiques et aux nécessités de leur repro-
duction, et enfin — et c’est peut-être le côté le plus essen-
tiel de la question — en empêchant la mortalité infantile
d’être aussi intense qu’elle l’est aujourd’hui et en tâchant
de la réduire au minimum.
Jusqu’il y a environ quarante ans, on considérait l’in-
tervention des médecins dans les colonies comme ayant
exclusivement un but thérapeutique, médical, c’est-à-dire
que le médecin avait comme rôle essentiel de soigner les
malades. Il faut reconnaître qu’à cette époque on ne s’oc-
cupait guère d’hygiène dans le sens que nous donnons
aujourd’hui à ce mot, c’est-à-dire de prévention des
maladies. Il n’y avait guère que la prophylaxie de la
variole qui soit entrée dans la pratique ; on faisait, par
exemple, des vaccinations contre la variole dans l’Indo-
chine mais c’était à peu près la seule prophylaxie qui
existât.
Depuis l’ère pastorienne, nous avons appris quelles
étaient les causes des grandes maladies qui sévissent
dans nos colonies et qui occasionnent une forte mortalité,
non pas seulement parmi les Européens qui y viennent,
mais parmi les races indigènes. Nous avons appris quelle
était la cause du choléra, de la peste, de la tuberculose,
de la syphilis, de la lèpre et d’une foule de maladies aiguës
qui sévissaient gravement dans certains pays, par exemple
la dysenterie, la méningite cérébro-spinale, le typhus, les
fièvres typhoïde et para-typhoïde. Aujourd’hui, nous
sommes maîtres de toutes ces affections, parce que nous
en connaissons les causes et que nous serions très cou-
pables si nous ne nous arrangions pas pour les éviter.
Prenons la grande endémie de nos colonies : le palu-
disme, Il y a quelque quarante ans, nous ne connais-
sions pas du tout quelle était sa cause. Aujourd’hui, non
seulement nous en connaissons le parasite, non seulement
Nous savons très bien comment on peut couper court