LES PRINCIPES DE LA POLITIQUE COLONIALE 147
et beaucoup d’autres choses analogues, nous les connais-
sons depuis l’ère pastorienne. Il faut que nous sachions
en profiter. Il faut que ces notions, nouvelles pour nous,
soient profitables aux races indigènes que nous avons la
mission de préserver et, cette mission, la France y tient
plus que toute autre nation. Nous pouvons avoir la fierté
d’être, de tous les peuples colonisateurs, celui qui s’at-
tache le plus à assurer la protection des races indigènes
contre les fléaux qui les déciment. Nous sommes la nation
qui se préoccupe le plus d’épargner la vie, de sauvegarder
la santé des indigènes et d’empêcher la mortalité infantile
d’exercer des ravages excessifs.
Pour atteindre ces objectifs, il faut renoncer à conce-
voir le rôle du médecin comme le concevaient les gou-
verneurs des colonies d’il y a quarante ans. Il faut
admettre qu’aujourd’hui le médecin n’est plus placé dans
les colonies exclusivement pour soigner des malades. Sa
fonction capitale doit être d’empêcher les maladies de se
développer et de protéger les races indigènes contre ces
maladies.
Il faut bien sans doute soigner aussi les malades, mais
au lieu de multiplier, comme on l’a fait jadis, les centres
hospitaliers dans les colonies, il faut en réduire le nombre
et les mieux outiller. Il ne devrait y avoir dans chaque
grande colonie qu’un seul centre hospitalier, au chef-lieu,
et dans ce centre hospitalier, on devrait réunir des méde-
cins et des chirurgiens d’élite avec des spécialistes de
toutes les branches de la médecine, de manière que
puissent être assurés les soins les plus efficaces. Il faut
que ce centre hospitalier unique possède un accoucheur,
un ophtalmologiste, un oto-rhino-laryngologiste, un neu-
rologiste, un stomatologiste, etc, et qu’il serve de centre
d'études à une école de formation de médecine auxiliaires
indigènes où l’on enseignera au plus grand nombre pos-
sible de jeunes autochtones, suffisamment élevés jusqu’à
nous, les notions essentielles qui leur permettront d’être