LES PRINCIPES DE LA POLITIQUE COLONIALE 157
plus de responsabilités dans cet ordre de questions —
se met en état de sympathie compréhensive à l’égard des
peuples qui l’entourent.
Nous n’avons pas non plus l’impression qu’en coloni-
sant nous sommes un peuple destiné à jouer un rôle excep-
Honnel ; nous n’avons pas l’idée que nous accomplissons
une mission divine et que tout ce qui vit sans avoir nos
coutumes est de seconde catégorie, comme on trouve
parfois cet état d’esprit chez d’autres peuples et chez
certains Américains. Voici par exemple un livre : le Flot
montant des peuples de couleur, qui contient toute une
philosophie destinée à ameuter les blancs contre les
hommes de couleur, en faisant de cette directive comme
un programme de civilisation. Lorsque vous lisez ce livre
attentivement, vous vous rendez compte que cela signifie
que la race nordique, le blanc anglo-saxon ou scandinave,
est la race privilégiée, la race élue et que toutes les autres
races sont de seconde zone ; parmi les peuples de couleur,
l’auteur range les peuples blancs méditerranéens, les
Arabes, les Juifs, etc…
C’est là un état d’esprit qui n’est pas français et nous
pouvons dire que s’il y a, de temps en temps, des excès
regrettables, comme il s’en produit partout, même à Paris,
1 n’y a pas de Français aux colonies qui ait de préjugé
de races et de mépris de races. Nos administrateurs sont
très préoccupés de connaître les coutumes indigènes, quitte
à les modifier, à les amener à un degré supérieur de socia-
bilité ; nos agents sont préoccupés à l’extrême de dépouiller
les colons français. de tous préjugés vis-à-vis des popu-
lations indigènes. C’est ainsi que l’un d’eux envoya à
ses subordonnés une circulaire modèle, qui peut se résu-
mer ainsi : à chacun ses chefs. à chacun ses juges, à chacun
ses coutumes.
Nous essayons de faire accéder les indigènes aux
emplois supérieurs quand ils en sont dignes, nous tâchons
de comprendre — et c’est une œuvre des plus utiles à