LA VALEUR COMMERCIALE ET PRODUCTIVE 171
domaine si vaste (puis-je rappeler qu’il y avait
50 000 blancs jadis dans notre seule Saint-Domingue, et
qu’il y a aujourd’hui plus de 150 000 Hollandais dans le
seul Java), certes songeaient à la production et y em-
ployaient leurs capitaux, parfois audacieusement. Mais
— je me place dans la période qui va de 1880 à 1900 —
l’administration à l’ordinaire s’en souciait peu. Un admi-
nistrateur était jugé sur ces deux principaux critériums :
le budget en équilibre et l’ordre maintenu. Pas d’affaires
et pas de demandes de crédit, et l’on était bien noté.
Mais un pareil programme ne pouvait suflire longtemps.
Les conditions bientôt changèrent ; les pays furent paci-
fiés, l’administration put aborder des problèmes nouveaux
et toute la politique fut modifiée sous l’influence de grands
chefs éminents. Éminents, j'insiste sur le mot ; car avec
notre manie de nous décrier, nous avons laissé sinon fait
croire que notre personnel était habituellement et demeu-
rait inférieur à sa tâche, et à celui des autres nations.
Ce qui fut vrai en de certains endroits et à certaines
époques, pour des raisons que nous connaissons tous,
mais qui ne l'était pas en Cochinchine, par exemple, durant
la période des amiraux; ni au Sénégal, au temps de
Faidherbe, ni en Afrique occidentale, depuis Ballay et
Roume, et sous la plupart de leurs successeurs jusqu’à nos
jours ; ni en Indochine depuis Paul-Bert, Lanessan, Dou-
mer, pour m’en tenir à quelques noms ; ni à Madagascar,
avec Gallieni et plus d'un de ceux qui ont gouverné après
lui; ni enfin en Afrique du Nord, Algérie, Tunisie et
Maroc, où, de Bugeaud à Lyautey, en passant par Paul
Cambon, nous avons rencontré des hommes d’un mérite
incomparable et ne.redoutant aucune comparaison avec
le haut personnel d’aucune nation.
Pour se Tendre compte des progrès effectués, l
suffira tout à l’heure de comparer deux années : 1913
et 1925. -
Pour l’année 1925. la dernière dont nons avons
lee