Full text: L' empire colonial français

LA VALEUR COMMERCIALE ET PRODUCTIVE 177 
ne pas remonter plus haut, de développer, dans des ter- 
ritoires surtout intertropicaux qui dépendent d'eux, la 
culture d’espèces particulièrement favorables. En Angle- 
terre et en France, avec des moyens nettement différents, 
des associations cotonnières se sont instituées et, par des 
agents choisis et avec l’aide de l’administration, ont déjà 
obtenu des résultats qui ne sont pas négligeables. La pro- 
duction du coton dans les colonies anglaises ou dans les 
pays soumis à l'influence anglaise s’est élevée en 1925 à 
quelque 125 000 tonnes. 
En France, pour beaucoup de raisons, les résultats ont 
été moins rapides. L'Association cotonnière a tenté d'ac- 
climater le coton dans des régions nouvelles. Puis, des 
compagnies puissantes par les capitaux se sont formées 
pour en implanter la culture dans diverses colonies. En 
même temps, on a tenté de cultiver le coton un peu par- 
tout, en Algérie, dans le Pacifique, aux Nouvelles-Flé- 
brides, dans la mer des Indes, à Madagascar, si bien 
qu’en dix années la production du coton en terre fran- 
çaise a passé de 900 tonnes, en 1914, à 9 000 tonnes en 
1924 (chiffres de l’Association cotonnière coloniale, bul- 
letin n° 67). Et ce chiffre doit être à l’heure actuelle 
largement dépassé. 
Évidemment, cela est encourageant. Mais pour mesurer 
la légitimité de notre espoir, mettons en face le chiffre 
des besoins de notre industrie, 325 000 tonnes, et celui 
de notre production actuelle. L'écart est énorme. Pou- 
vons-nous penser — comme je le disais tout à l'heure 
pour d’autres produits — qu’il peut être comblé en un 
nombre d’années relativement court? Je n’oserais pas 
l’affirmer. La culture du coton n’est ni très facile ni très 
rémunératrice. Le coton n’est pas un produit si riche qu’il 
puisse pousser l’indigène à déserter d’autres cultures pour 
celle-ci. On pourrait tenter de l’introduire au Sénégal. 
Mais, au Sénégal, les oléagineux, et particulièrement l’ara- 
chide. sont autrement attirants. La production en a passé
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.