178 — … L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS {
en moins d’un siècle de 40 tonnes à 450 000 tonnes ; et,
pour ne parler que de la période 1913-1925, de
213 000 tonnes à 450 000 tonnes. Pourquoi? Parce que
c’est une culture en quelque sorte aujourd’hui tradition-
nelle, relativement facile, sans outillage compliqué, sane
longs travaux préparatoires, sans grand besoin de main-
d’œuvre'et qui, surtout, à l’hectare rapporte davantage.
Cela étant, l’indigène se tient à l’arachide ou même s’y
porte dans les espaces neufs que lui ouvre par exemple
une voie ferrée nouvelle. Et l’administration aura fort
à faire pour modifier ses préférences.
Après le coton, parlons de la laine. La France, jadis
vieux pays d'élevage du mouton, ne se préoceupait guère
de ses approvisionnements : elle trouvait sa laine sur
place. Les lainages français étaient estimés. Mais les pays
neufs vinrent les concurrencer : doublement, par la finesse
et par le prix. Au même moment, la consommation accrois-
sait ses exigences. Elle voulait plus et mieux. L’élevage
du mouton pour la laine devint moins rémunérateur.
L’éleveur demanda à la viande le profit que la laine ne
donnait plus ; le tisseur et le fileur de laine avaient pour
habitude de chercher hors de France les sortes que leur
industrie réclamait. Ils les trouvèrent surtout en Argen-
tine et en Australie, ou à Londres, grand marché du pro-
duit. Nos colonies, dès lors, étaient assez distancées. Leurs
espèces indigènes étaient hors d’état de fournir les quan-
tités et les qualités désirables ; et leurs pâturages n’étaient
pas alors jugés assez gras ni assez abondants pour attirer
l’attention des spécialistes. Toutefois, par le lent travail
des croisements, grâce à l’introduction d’espèces plus fines
quoique encore rustiques, on aurait pu, avec le long
concours du temps, améliorer celles de nos colonies et en
développer la production. Et c’est bien ce que l’on essaya.
Mais toujours la persévérance manqua. Quand l'auteur
de la tentative disparaissait, elle disparaissait avec lui
et l’oubli se faisait, jusqu’à ce que survint quelque nouvel