LA VALEUR COMMERCIALE ET PRODUCTIVE 179
ami du progrès, qui, sur une table rase et sur nouveaux
frais, reconstruisait l’édifice abandonné. On pourrait
compter dans nos diverses colonies une bonne dizaine
de ces essais.
Tout récemment, deux nouvelles très intéressantes
tentatives ont eu lieu. Les filateurs et tisseurs du Nord,
notamment la Chambre de commerce de Tourcoing, ima-
ginèrent de reprendre l’expérience, mais surtout de la
prendre en mains eux-mêmes. Ils ne demandèrent à l’ad-
ministration que des pâturages ou plutôt que des espaces
à pâturages. Et ils convoquèrent, avec des reproducteurs,
quelques techniciens de l'élevage, vétérinaires ou autres.
Leur tentative fut double : à Madagascar et en Afrique
occidentale. Le ministère des Colonies et les gouverne-
ments généraux s’y intéressèrent. Le docteur Woronoff,
connu pour des tentatives de rajeunissement des reproduc-
teurs, alla sur place expérimenter sa méthode sur des
bêliers de choix. Jusqu'ici nous attendons les résultats.
Déjà, il semble permis d’augurer qn’ils seront favorables.
Seconde tentative, en Afrique du Nord. Une Union
ovine se mit en rapport avec des Australiens, qui vinrent
sur place, examinèrent les pâturages, les jugèrent suffi-
sants et envoyèrent, avec des géniteurs choisis, quelques
spécialistes pour dresser les bergers.
L'Union ovine réussit et va étendre son effort à nos
autres colonies.
Tout cela est intéressant. Mais tout cela est encore
peu de chose et permet d’affirmer que, même si on ne
s'arrête pas en route, ce n’est pas avant de très longues
années que les colonies seront en mesure de fournir à
l’industrie française la laine qu’il lui faut.
J'aurais voulu entrer dans des explications même aussi
sommaires concernant la soie et les tentatives faites en
Indochine, à Madagascar, ailleurs encore, pour acclimater
de nouvelles espèces de vers et développer une produc-
tion de la soie telle que ces colonies puissent envover à la