sv L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
française avait précédé sa science et lui donnait
à inscrire de nouvelles frontières sur des terres
inconnues. On se jrompait d’un degré sur l’empla-
cement du Niger, tant on allait vite, et il fallut
une convention franco-anglaise pour rectifier le
tracé qui n’était qu’indiqué ‘après des récits des
premiers pionniers. Ce fut ma rentrée dans la
brousse de ces problèmes abordés dès le temps de
Jules Ferry.
La diplomatie va joindre ses efforts à ceux de
l’exploration ; voyons, donc comment l’œuvre de
l’héroïsme s’achève et se couronne par le travail
de la diplomatie.
La conception initiale d’une politique d’en-
semble appartient à notre maître à tous, Jules
Ferry. Il eut le sentiment très net que la France
n’avait pas seulement des devoirs européens ; et
il traça, sur la carte du globe, le quadrilatère colo-
nial qui devait se remplir peu à peu : Tunisie,
Congo, Madagascar, Indochine. Avec une sorte de
fièvre qui venait, sans doute, de la peine qu’il
avait à faire comprendre toute sa pensée, il s’en-
gagea partout à la fois ; et l’exécution de son dessein
fut suspendue bientôt, en même temps que sa car-
rière, à la suite d’un incident militaire de dixième
ordre, que les passions politiques grossirent jus-
qu’à le présenter comme une atteinte à l’honneur
national.
Nous sommes en 1881. Cet homme d’État, qui
résume en lui toutes les clairvoyances et toutes les
énergies de la France républicaine, est aux affaires.