LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 199
détruire ses corsaires, le réseau mondial de nos colonies
décuplera l’efficacité de nos moyens de combat.
Je lisais naguère, dans le Times, le compte rendu d’une
conférence impériale britannique qui, après cinq semaines
de travail, vient de rendre publiques ses conclusions.
Au milieu de quelques réticences et beaucoup de pré-
cautions dans les expressions d'opinion sur des sujets
aussi délicats, notamment sur le maintien d’une politique
pacifique appuyée sur l’organisme de Genève, le moins
averti des lecteurs ne peut qu’être fortement impres-
sionné par l’importance capitale que la grande nation
anglaise attache au maintien de la liberté des grandes
routes de mer et la place qu’a prise dans les préoccupations
de Ja conférence l’équipement des points d’appui colo-
niaux pour la marine marchande et pour la marine
militaire britaniques. Il n’a pas suffi de donner aux
membres de la Conférence impériale venus à Londres de
tous les pointa de l’Empire les spectacles de Portland pour
la flotte navale, de Camberley pour le matériel de guerre
terrestre, de Croydon et de Cardington pour le matériel
aérien, Il a encore paru nécessaire de convaincre les délé-
gués des Dominions de l’importance que présente la cons-
titution d’une flotte de guerre indienne et d’une flotte de
guerre australienne, possédant leurs bases propres. On
est allé plus loin en traitant ensuite la question des
points d’appui coloniaux et en soulignant la nécessité
d’un rééquipement de Singapore et d’un équipement du
nouveau port africain de Takoradi en Afrique occidentale,
Nos Alliés nous font comprendre que, malgré un ardent
désir de paix, une grande nation doit rester forte et savoir
être prête à toutes les éventualités.
Gardons présents à notre esprit de pareils enseignes
ments et soyons convaincus qu’il est nécessaire de con-
server tout coin de terre coloniale où flottent nos trois
couleurs et où nos deux marines peuvent trouver un point
d’appui.