210 L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
par M. Clemenceau, réussirent à recruter encore 70 006
noirs.
En somme, par»apports successifs, l’Armée Noire, dont
le recrutement avait atteint 180 000 hommes, fournit
à la métropole environ 135 000 combattants qui tous, tant
sur le front qu’aux Dardanelles et à l’armée d’Orient.
donnèrent les plus incontestables preuves de leur disci-
pline, de leur héroïsme, de leur dévouement.
Cette armée compte aujourd’hui 17 régiments, dont
16 de tirailleurs sénégalais et un de l’A. E. F. ; et 9 ba-
taillons formant corps ; soit environ 50 000 combattants
qui, par l’appel des deuxièmes portions du contingent
et des réservistes, verraient leurs effectifs rapidement qua-
druplés dès la mobilisation. Le projet de loi des cadres
et effectifs prévoit 47 000 Sénégalais, qui sont d’ailleurs
pour la plupart des Soudanais, non compris les mili-
taires de carrière, c’est-à-dire les cadres blancs.
Il n’est donc pas téméraire d’estimer que, s’il existait
des moyens de transport appropriés, l’Armée Noire pour-
rait nous fournir, à bref délai, une magnifique troupe de
choc de plus de 200 000 combattants.
En l’absence de ces moyens, et tout particulièrement
du Transsaharien, nous ne pourrons immédiatement
disposer que des éléments actifs des 6 régiments sta-
tionnés en France et d’une partie de ceux stationnés en
Afrique du Nord, c’est-à-dire d’environ 25 000 tirailleurs
sénégalais. La différence est grande et pourrait peser
d’un gros poids sur le sort des premiers combats. Cette
carence des transports exercerait une influence encore
plus fâcheuse dans la suite des opérations, tant pour l’ap-
port des combattants que pour celui des matières pre-
mières et des produits alimentaires que pourrait nous
fournir l’Afrique occidentale.
Est-il besoin d’ajouter, tant les récents événements du
Maroc l’ont démontré, que pour la défense intérieure de
l’Afrique — défense qu’il faut bien faire entrer dans nos