Full text: L' empire colonial français

232 - L’'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 
ont fait contre eux de grands efforts d'artillerie. D'eux- 
mêmes, plutôt que par souvenir des recommandations faites, 
c’est en se portant en, avant que les tirailleurs cherchaient à 
se soustraire au feu de l’artillerie. 
Sur l’Yser, le bataillon a attaqué en terrain entièrement 
découvert coupé de cinquante en cinquante mètres de canaux 
ayant parfois de quatre à cinq mètres de large et deux mètres 
de profondeur. Il a dû faire diverses manœuvres et des déploie- 
ments, traverser des canaux à la nage sous le feu de l’artil- 
lerie et de l’infanterie. Il a combattu depuis huit heures du 
matin jusqu’à la tombée de la nuit, s’est mis à creuser des 
tranchées à cent mètres de l’ennemi; il a repris l’offensive 
le lendemain matin et de même pendant trois jours et trois 
nuits, restant au contact de l’ennemi sous un feu violent, les 
hommes mouillés jusqu’aux épaules par les bains forcés, 
transis par la pluie et la température de novembre. Et la vie 
continua quelque temps ainsi, quand le 9 novembre, à huit 
heures du soir, le bataillon a l’ordre de prononcer une attaque, 
Il part en pleine nuit sous le brouillard glacial ; à cinq heures 
du matin, l’ennemi n’a pas éventé le mouvement, le dispositif 
d'attaque se déclanche, deux premières lignes de Sénégalais, 
des tirailleurs algériens qui les appuient forment des échelons 
débordants et la réserve. 
La consigne d'avancer sans bruit est observée, on arrive 
aux fils de fer allemands que les sapeurs du génie coupent. 
Accueillie par une décharge formidable, la première ligne est 
couchée par terre, la deuxième la dépasse et entraîne les sur- 
vivants. Les tirailleurs foncent dans les fils de fer, se battent 
corps à corps dans la tranchée avec les chasseurs à pied alle- 
mands ; non soutenus et en trop petit nombre, la plupart des 
officiers tués, ils se sont retirés sans avoir été chassés et le 
bataillon fortement diminué reprend le service des tranchées ; 
mais quelques jours après, il subit de nouvelles pertes et ses 
débris sont renvoyés à l’arrière, le bataillon a fini son rôle faute 
de combattants, mais, s’il a disparu. du front, il a fait payer 
cher sa disparition à l’ennemi. 
L’état sanitaire a été au moins aussi bon que chez les troupes 
voisines et, s’il y a eu des enflures de pied provenant du froid 
dans les tranchées, le pourcentage des évacués n’a pas été
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.