L'APPORT INTELLECTUEL DES COLONIES 275
s’il est possible ; on se groupe dans des sections de cette
admirable « Alliance française » qui a tant fait pour la
diffusion de notre langue et de notre littérature, et on y
attire par des conférences, par des lectures. par des audi-
tions littéraires ou artistiques, parfois aussi par des repré-
sentations dramatiques, les habitants du pays suscep-
tibles de s’intéresser à de telles manifestations. Sans doute
n’est-il pas question de faire prédominer le français sur
la langue nationale, — à tous égards ce serait folie, —
mais conquérir la seconde place pour la langue officielle
de la vieille diplomatie, lui assurer, à côté des langues
commerciales, une situation privilégiée, en faire tenir la
connaissance et la pratique pour preuves de haute cul-
ture, de suprême éducation, d’esprit affiné et raffiné,
voilà ce que s’efforcent de réaliser nos compatriotes de
l’étranger. Les agents officiels de la France et leurs res-
sortissants laïques sont puissamment aidés dans cette
difficile entreprise par les missionnaires, hommes et
femmes, que les « maisons-mères » de notre pays envoient
encore en grand nombre dans les pays d'outre-mer.
Partout, en effet, ceux-ci enseignent, avec leur foi, avec
les bonnes manières, la langue et la littérature de leur
pays ; s'ils ne peuvent pas leur faire toujours toute la
place qu’ils voudraient, du moins leur en assurent-ils
une et contribuent-ils de cette manière, eux aussi, à la
diffusion de la langue française dans le monde.
Faut-il donner quelques preuves de la façon dont les
afforts de tous convergent vers ce but? Voyez ce qui se
passe en Égypte. Dans sa note si précise sur l'Enseigne-
ment français dans ce pays, le directeur de l’École fran-
çaise de droit du Caire, M. Pelissié de Rauzas, le résu-
mait naguère (1), après avoir montré la gravité du coup
porté en 1904 à la diffusion de notre idiome par la sup-
(1) « L’Enseignement français en Égypte », aux pages 123-128
de Notre lanque dans le bassin de la Méditerranée.