29% L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
par les Hittites qui étaient venus d’Asie Mineure et qui
occupaient, depuis longtemps déjà, de vastes territoires
dans la Syrie du Nord. La lutte entre Égyptiens et Hittites
pour la possession de la Syrie fut très âpre, et c’était d’or-
dinaire sous les murs de Kadesh (aujourd’hui Tell Nebi
Mand) que les armées s’affrontaient. Cependant les
fouilles qui ont été pratiquées sur ce site en 1921-1922
n’ont fourni qu’un fragment de stèle portant le nom du
célèbre pharaon Séti Ier, qui est le père de Ramsès II.
De Ramsès II lui-même, il ne reste plus en Syrie qu’un
seul monument : la stèle que le conquérant fit graver à
même le roc pour commémorer son passage par le défilé
du Nahr el Kelb (à 12 kilomètres au nord de Beyrouth).
Plus tard, les rois de Ninive. depuis Assournazirabal
jusqu’à Sennachérib (neuvième-septième siècle av. J.-C.)
dresseront. à leur tour, des stèles de victoire sur ces
mêmes rochers, qui séparaient-la Syrie du Nord de celle
du Sud et qu’une armée ne pouvait franchir qu’au prix
de grandes difficultés.
L'influence de la Grèce et particulièrement de l’art
grec, s’est fait sentir en Syrie, — ou du moins en Phénicie
— avant même la conquête de l’Asie par Alexandre.
Mais une fois la conquête achevée, après 320, la Syrie se
trouva, du jour au lendemain, hellénisée tout entière.
Les célèbres sarcophages qui ont été découverts fortui-
tement à Saïda, en 1887, et qui sont conservés au Musée
de Constantinople, en fournissent la preuve formelle.
Le plus connu est celui qu’on appelle d’ordinaire le sar-
cophage d'Alexandre, mais qui est en réalité le tombeau
d’un satrape rallié à la cause macédonienne. Ce magni-
fique monument, en qui l’on doit saluer « l’un des chefs-
d’œuvre les plus étonnants et le plus intact peut-être
que nous ait laissé l’art antique », atteste que, dès le len-
demain de la mort du conquérant, l’art grec se substitua