L'APPORT ARTISTIQUE DES COLONIES 295
en Syrie aux anciens arts locaux comme aux arts étran-
gers que le pays avait adoptés successivement, au cours
de trente siècles de vie civilisée.
Alexandre lui-même paraît n’avoir construit en Syrie
qu’une seule ville : Alexandrette ou la Petite Alexandrie,
mais il rebâtit entièrement la ville de Tyr qu'il avait
détruite en 322, dans l’intention de réduire à néant le
commerce phénicien, concurrent redouté des négociants
grecs. Et c’est Alexandre aussi qui relia l’île de Tyr au
continent par une digue que les sables apportés par le
vent du Sud ont considérablement élargie depuis lors.
Séleucus Nicator construisit ou restaura un grand
nombre de cités auxquelles il donna les noms des membres
de sa famille ou le sien propre. La reine de ces villes nou-
velles était Antioche qui fut fondée en 301 et qui com-
mandait, non seulement à la Syrie, mais à l’Orient tout
entier.
Cependant de tous les édifices qui faisaient la gloire
de cette capitale, il ne reste rien aujourd’hui, à la surface
du sol du moins. Et il en est de même pour Daphné
laujourd’hui : Beit-el-ma,) qui fut si longtemps la villé-
giature préférée des riches citadins et où Séleucus
avait élevé un temple d’Apollon, qui contenait une admi-
rable statue du dieu, faite, en bois de vigne rehaussé d'or,
par l’Athénien Bryaxis, élève de Scopas.
Sous la domination romaine, de la conquête de Pompée
64 av. J.-C.) à la fin du quatrième siècle, la Syrie connut
une ère de grande prospérité. La ville jusqu'alors obscure
de Béryte (aujourd’hui : Beyrouth) devint comme la
métropole de la Phénicie. Elle était célèbre surtout par
son école de droit, qui a produit des juristes de premier
ordre et où les étudiants de toutes les provinces de
l’Empire venaient poursuivre et achever leur éducation.