L'APPORT ARTISTIQUE DES COLONIES 299
représentaient « des villes et des arbres mêlés d’inscrip-
tions », elles ont été presque entièrement détruites par
l’incendie de 1893.
L’amour du luxe était fort développé chez les Arabes
de Syrie aux premiers siècles de l’Hégire. On peut d’ail-
leurs se faire une idée de l’architecture de ce temps-là,
en visitant à Damas le Khan d’Assad-pacha, construc-
tion qui date il est vrai de l’époque turque, mais où l’on
retrouve les caractères principaux du style syrien de la
belle époque.
On sait, d’autre part, que la fabrication des armes
se trouvait au premier rang des industries damasquines
et que les lames de Damas étaient les plus recherchées
de toutes. La capitale des Omméiades possédait en outre
des verriers très habiles, qui travaillaient au long de la
grande mosquée, à côté du bazar aux cuivres, et dont
certaines œuvres figurent au quatorzième siècle, dans les
inventaires de plusieurs princes d'Occident, parmi lesquels
le roi de France Charles V.
Cependant, fidèle à la vieille tradition phénicienne, la
ville de Tyr demeurait la métropole de l’industrie du
verre, et le célèbre rabbin Benjamin de Tudèle témoigne
que les verreries tyriennes étaient en pleine activité
au douzième siècle encore. Il est d’ailleurs vraisemblable
que c’est à Tyr que les Vénitiens ont emprunté les pro-
cédés qui devaient faire d’eux les verriers les plus célèbres
de l’Europe ; et, d'autre part, on possède le texte d’un
traité qui a été conclu en 1277 par le doge de Venise avec
le prince d’Antioche, concernant l'importation en Europe
des « verres brisés » de Syrie qui, comme aux temps
antiques, valaient leur pesant d’or.
C’est aussi qu’aux douzième et treizième siècles les
relations du Levant avec l’Europe étaient très étroites.