308 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
suivantes et elle se manifeste plus fortement encore dans
des buddhas de Var Romlok, qui pourraient être anté-
rieurs (1).
Cette sève artistique n’a pas cessé de couler, généreuse
et forte, pendant environ sept siècles, et de couvrir le sol
du Cambodge de monuments nouveaux.
Sa plus éclatante floraison fut celle de l’architecture en
grès, qui eut pour conséquence un développement consi-
dérable du plan des édifices, avec la création du temple à
étages et à galeries, dont Angkor Vat (douzième siècle)
est le chef-d’œuvre incontesté. Et au delà même d’Angkor
Vat, à une époque tardive où l’on pourrait croire que
l’art khmer a dit son dernier mot, au début du quator-
zième siècle, nous trouvons encore le petit temple d’Içâ-
napura (Banteai Srei), où la sculpture tire des effets nou-
veaux de l’expression des visages et de la vivacité des
gestes. Ainsi, jusqu’à la dernière péripétie qui mit fin
à sa brillante carrière, le Cambodge a eu un art national,
qui n’a cessé de chercher de nouvelles formes et de réa-
liser de nouveaux progrès.
III, — CHAMmPA
Sur la côte orientale de la péninsule, au bord de la mer
de Chine et du golfe du Tonkin, était un autre royaume,
le Champa, séparé du Cambodge à l’ouest par la cordillère
annamite, au sud par une barrière de dunes et de maré-
cages, et voué ainsi à une sorte d’isolement, qui explique
en partie le contraste qu’il présente avec l’État voisin, en
dépit d’une culture commune.
Les premiers établissements hindous sur cette côte
(1) Entrées au Musée de Pnom Penh en 1923. M. Groslier croit
qu’ils sont l’œuvre d’artistes hindous et qu’ils peuvent remonter
au cinquième siècle, sinon plus haut (Études asiatiques.…, 1, p. 304-
313}. Dans cette hypothèse ils appartiendraient à l’époque pré-
khmère. à celle du Founan.