322 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
quoi à ce moment} qu’est-ce qui la provoqua — hommes
ou circonstances, coïncidences ou logique et normal
enchaînement ?
Quoi qu’il en puisse être, le Japon possédait, dès la
fin du dix-neuvième siècle, une armée que son instrue-
tion et son armement moderne rendaient d’autant plus
redoutable qu’elle était la seule force terrestre importante
en Extrême-Orient. Elle ne devait pas tarder, au surplus,
à donner la mesure de sa valeur.
La guerre russo-japonaise, en effet, se produisit en 1904,
La victoire japonaise, éclatante et décisive, souleva dans
tout l’Extrême-Orient un enthousiasme extraordinaire.
La fin, dit-on, justifiant les moyens, chacun parut perdre
le souvenir, même en Occident, de la manière…, mettons
un peu spéciale, dont les hostilités avaient été engagées…
Le succès japonais témoignait aux yeux de l’Asie que
les races blanches n’étaient pas invincibles. Il né repré-
sentait pas seulement la victoire du Japon sur l’Empire
des tsars, mais symbolisait la victoire du monde jaune sur
le monde blanc.
A la lueur de cet événement, la Chine comprit la néces-
sité d’une modernisation radicale et essaya, sans succès
d’ailleurs, d’entrer dans cette voie. Les Indes subirent
de ce fait uné véritable révolution morale.
Pour ce qui est du vainqueur, sa victoire, sous l’in-
fluence des États-Unis, ne lui donna pas tout ce qu’il en
espérait. Elle marqua cependant après quelques incidents
d’ordre intérieur, dus à cette déception et dont vous
avez sans doute conservé le souvenir, le début de son hégé-
monie en Extrême-Orient. Le Japon devenait, désormais,
le champion des races jaunes vis-à-vis de l’Europe et de
l’Amérique, le dominateur en Asie.
De son côté, l’Europe avait dû tenir compte de la trans-