324 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
On refusait ains? de consentir à la réalisation de
l’expansion à laquelle le Japon se prétend en droit de
procéder, en raison de l’accroissement constant de sa
population.
C’est dans ces conditions que la Diète japonaise vota,
en 1920, un programme de constructions navales, qui
porta ombrage aux États-Unis, lesquels adoptèrent eux-
mêmes un programme plus considérable encore que celui
du Japon.
Cette course aux armements, qui faisait prévoir de
graves événements, ne pouvait laisser l’Angleterre indif-
férente. Ses intérêts lui commandaient de prendre parti.
Son traité d’alliance avec le Japon venait à échéance
en 1921. Non seulement il ne fut pas renouvelé, mais, peu
de temps après, une entente semblait virtuellement con-
clue entre les États-Unis et le gouvernement britannique.
Depuis lors, le Japon paraît s’être rapproché des
Soviets, avec lesquels il a signé, en janvier 1925, des
accords qui ne sont pas étrangers, semble-t-il, à l’action
diplomatique que Moscou poursuit dans l’ancien « Empire
du Milieu » et qui vise à donner, à travers la Chine anar-
chique, un débouché sur le Pacifique aux steppes mos-
covites. Politique conforme aux principes de celle ins-
taurée, il y a deux siècles, par Pierre le Grand…
Ainsi, au point de vue politique, un nouvel état de
choses s’est établi en Extrême-Orient, où les peuples
viennent, sous l'impulsion du Japon, d’entrer dans une
phase de nationalisme et d’esquisser un mouvement
d’émancipation qui prouve leur intention de se soustraire
à la tutelle des races blanches.
Bien que ce mouvement n’ait pas eu, jusqu’à présent, de
suites véritablement graves, il faut retenir qu’il y a là
une indication à ne pas négliger pour les puissances colo-
niales qui exercent leur autorité ou leur contrôle dans les
régions asiatiques.
S'il était nécessaire d’articuler un fait à l’appui de