326 \ L’'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
lité de désordres intérieurs analogues à ceux dont elle a
déjà eu à souffrir gravement au dix-huitième siècle,
et aussi contre les incursions possibles de ses voisins.
Il ne faut pas oublier, à ce sujet, que l’Indochine
possède, entre autres richesses, une production considé-
rable de riz qui ne manque pas d’exciter des convoitises
en Extrême-Orient, où cette céréale constitue la base de
l’alimentation humaine. L’Indochine est le plus grand
exportateur de riz dont le Japon et la Chine doivent im-
porter des quantités considérables pour nourrir leur popu-
lation.
En ce qui concerne les Établissements Français de
l’Inde, la France n’a eu qu’à se louer du dévouement que
lui ont toujours témoigné les habitants de ces territoires,
qui nous sont fidèlement attachés et conservent même un
culte touchant pour les fondateurs de notre Empire des
Indes.
Il va de soi qu’on ne saurait logiquement demander
un pareil attachement aux habitants de notre concession
de Shanghaï qui, on le sait, se présente surtout comme une
agglomération anglo-américaine. Mais il est intéressant
de constater que les éléments indigènes de Shanghaï
ont fait preuve, à notre égard, de sentiments presque
amicaux, lors du mouvement xénophobe qui s’est récem-
ment produit dans cette ville. Les commerçants et les
industriels français furent, en effet, avec les Américains,
les seuls, parmi les étrangers, qui furent exclus des mau-
vais procédés généralement appliqués aux blancs. Il est
juste de remarquer qu’en ce cas comme en tel auquel je
songe — je veux dire en Égypte — nous avons bénéficié
de dispositions hostiles à d’autres, qui ont été ainsi inten-
tionnellement précisées et soulignées.
Malgré cette exception que je tenais à signaler, il
n’est guère possible d’envisager avec une complète
quiétude l’avenir de notre concession de Shanghaï,
comme de nos autres concessions chinoises.