Full text: L' empire colonial français

2. — LES INTÉRÊTS FRANÇAIS 
EN EXTRÊME-ORIENT 
par M. Georges MAsPERro, 
ancien résident supérieur en Indochine. 
La France, — en dehors du devoir général qui peut 
s'imposer à elle de défendre la vie et les droits de ses na- 
tionaux en terre étrangère, et qui l’a obligée en ces 
derniers temps à renforcer sa divison navale d’Extrême- 
Orient pour être à même, le cas échéant, d'intervenir 
efficacement en faveur des Français établis en Chine, — 
possède en Extrême-Asie, du fait de ses possessions 
indochinoises et des concessions territoriales qui lui ont 
Été consenties en territoire chinois, des intérêts impor- 
tants qui la mettent dans la nécessité d’entretenir des 
relations constantes avec les trois grands États extrême- 
orientaux du continent asiatique : la Chine, le Japon 
et le Siam. 
Les concessions qu’elle détient en territoire chinois, 
celle de Chang-haï depuis 1849, de Tien-tsin et de Can- 
ton depuis 1861, de Hankéou depuis 1886, bien qu’oc- 
troyées par les empereurs de la dynastie mandchoue 
aujourd’hui déchue, n’en ont pas moins fait l’objet de 
traités et de conventions régulièrement signés et reconnus. 
Et, si les intérêts qu’elle y a acquis de ce fait ne peuvent 
l’autoriser à intervenir dans les luttes politiques qui 
maintiennent depuis plus de dix-sept ans la Chine dans un 
perpétuel état de guerre civile, ils lui imposent cependant 
la nécessité de faire respecter, dans la limite de ces con- 
cessions, des droits légitimement acquis, et d’y protéger
	        
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