EXPOSÉ GÉNÉRAL xXXIII
niale qui sont celles de ce grand Français qu’est
le maréchal Lyautey, c’est encore un de ces
décrets de la Divine Providence (pour parler
comme Chateaubriand) qui, aux heures décisives,
viennent en aide aux gesta Det per Francos.
La guerre allemande, la guerre dévastatrice, la
guerre des dix millions de morts s'achève, après
un effort accablant, par la victoire de la France et
de ses alliés. La France, après avoir ouvert les
bras aux provinces retrouvées, est prête, en ral-
son même de ses réalisations coloniales déjà
acquises, à se saisir de ces nouvelles régions que
la guerre elle-même a laissées, pour ainsi dire, en
déshérence. Au Togoland, au Cameroun, son
expérience de cesrégions est appelée à les recueillir.
l’Allemagne l’avait sommée brutalement, lors
des événements d’Agadir et de Casablanca, de lui
faire place soit au Maroc, soit en Afrique centrale,
au fameux « bec de canard», et ultérieurement au
Congo belge, — partout où elle promenait ses
insatiables ambitions. Maintenant, le juste retour
des choses d’ici-bas rend à la France l’occasion
de réparer et de restaurer. Elle obtient les mandats
du Togoland et du Cameroun où elle donnera
bientôt les preuves de ses aptitudes et de ses pré-
voyances africaines.
Ce n’est pas tout. Ses anciens efforts dans l'Orient
méditerranéen lui attribuaient naturellement une
autre mission. Cette Syrie, où son activité avait
été depuis longtemps si féconde, ce Liban qu'elle
avait toujours protégé, ces populations actives,
intelligentes, commerçantes, héritières directes des
Phéniciens, et qui avaient vu le nom des Francs