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plus riches du monde, pouvant suffire aux besoins actuels
de l’agriculture, sur la planète, pendant deux mille ans.
Ajoutez-y des masses de minerai de fer — hématite ana-
logue à celle des gisements de Suède — énormes : 100 mil-
lions de tonnes au bas mot — des mines de plomb, de zinc
et de cuivre. La valeur de la seule mine de fer de l'Ouenza
était évaluée, alors que le franc, en 1914, gardait sa
valeur or, à 2 milliards de francs. Le plus curieux est que
ces mines de fer ne sont qu’à peine exploitées, la France
métropolitaine possédant sur son propre sol de quoi
répondre aux exigences de son industrie et de celle de
l’Allemagne. L'exploitation du cuivre, du zinc, du plomb,
du manganèse, débute à peine.
Et, enfin, il y a les progrès extraordinaires de l’agricul-
ture en Algérie et en Tunisie dans ces dernières années.
L’Afrique du Sud ne se suffit pas à elle-même. I lui faut
faire venir des bœufs et du riz de Madagascar, des légumes,
des fruits de la Réunion et de Maurice. Non seulement
l’Afrique du Nord subsiste sur son propre fond, mais elle
exporte. Elle exporte en quantités de plusen plus consi-
dérables. À tel point que, dans la plupart des rapports des
agents diplomatiques étrangers — anglais, allemands, tché-
coslovaques, serbes — à leurs gouvernements, on trouve
cet avertissement : « Le développement économique de
l’Afrique du Nord est tel qu’il sera très probablement le
grand fait nouveau dans l’histoire du vingtième siècle… »
Il est en tous cas légitime d’espérer que, d'ici à une
quinzaine d’années, la production de l'Afrique du Nord
en céréales se sera accrue de telle sorte que la France
n’aura plus besoin d'importer des blés étrangers.
Mais un autre phénomène encore est digne d'attirer
l’attention : certains aspects du développement de
l’Afrique du Nord, ainsi que de la psychologie sociale des
Européens qui s’y sont transplantés, évoquent en cer-
tains points le souvenir de ce qui s'est passé pour le
peuplement des grandes colonies anglo-gaxonnes.
L’AFRIQUE DU NORD