L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
On peut faire partir la colonisation.des États-Unis de
1606, date à laquelle le roi d’Angleterre Jacques Ier
octroya les chartes qui permirent la constitution des
États de Virginie et de Nouvelle-Angleterre. Toutefois
il y avait déjà un certain nombre d’Anglo-Saxons et
de Hollandais, hardis pionniers, sur les côtes.
En 1790 — 184 ans plus tard — les États comptaient
4 millions d’Européens.
En 1830, la population européenne de l’Afrique du
Nord peut se chiffrer à zéro. En 1926 — après 96 ans seu-
lement — elle contient un million d’Européens établis à
demeure. Si la cadence de peuplement est la même, il ne
serait pas trop aventuré de croire que, en 2026, dans un
siècle, cette région comptera une population occidentale
approchant aux trois quarts, sinon à la totalité de la popu-
lation blanche résidant aux États-Unis en 1790. Cette
population augmente, en effet : 19 par immigration ;
29 par les naissances, la natalité des familles françaises
redevenant assez forte sur ce sol neuf, et celle des Ita-
liens et des Espagnols restant au maximum. Au Canada,
la population de race française double en 30 ans, mais
l’injonction religieuse y est pour quelque chose. Doublons
ce temps pour l’Afrique du Nord, où le catholicisme —
et n’importe quelle autre confession chrétienne — ont
peut-être moins d’influence : dans 60 ans, rien que par
l’effet des naissances, elle comptera un million d’Euro-
péens en plus, auxquels il est'possible qu’il faille ajouter
des immigrés de plus en plus nombreux venant non plus
seulement d’Espagne et d’Italie, mais de l’Europe cen-
trale : Tchécoslovaquie, Pologne, Yougoslavie, Hongrie.
Cela rappelle assez ce qui s’est passé pour le peuple-
ment de l'Amérique du Nord. Il y a toutefois une diffé-
rence : aux États-Unis. à un fond anplo-saxon sont