L’AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 35
de colonisation, me pencher sur les hommes de ce pays
après en avoir considéré les choses, évoquer les races qui
y résident côte à côte depuis les Maures, les Touaregs
et les Toubous des confins Nord, jusqu’aux Dahoméens,
aux Appolloniens, aux Baoulés et aux Kroumen de la
côte Sud, depuis les Ouolofs, les Toucouleurs, les Man-
dingues et les Peuls du Sénégal jusqu’aux Bambaras
du Soudan, aux Mossis de la Haute-Volta, aux Haoussas
du Niger ; les montrer associées toujours plus étroitement
à l’œuvre commune par leurs représentants dans les
divers conseils administratifs, sensibles aux mesures
d'assistance et d'hygiène que décrit avec tant d’autorité
M. le docteur Calmette et qui les protègent contre les
anciennes et cruelles épidémies, prêts à recevoir les bien-
faits d'une instruction que des écoles toujours plus
nombreuses, quoique encore insuffisantes, mettent à leur
portée.
Je conclus. Lorsqu'on jette sur l’A. O. F. un coup
d’œil rapide, notamment sur ses budgets et sur sa capa-
cité de production actuelle ou en puissance, on en rap-
porte une impression très favorable et l’on est autorisé
à concevoir pour elle au cours du quart de siècle pro-
chain, les plus larges espérances.
À une condition pourtant, c’est que les hommes qui
ont la lourde responsabilité de son avenir sachent la
guider dans des voies sages, veiller à ce que ses diverses
activités grandissent dans le rythme et l'harmonie néces-
saires. Car à quoi servirait-il d’aménager les immenses
plaines du Niger si l’on ne trouvait le moyen d'y faire
venir et d’y maintenir la main-d’œuvre nécessaire à leur
mise en culture? Et à quoi servirait-il de produire à
l'infini si l’on ne pouvait transporter et évacuer? Quand
on songe qu'un simple domaine comme celui de Diré, de
3 000 hectares, peut produire 300 tonnes de fibres de
coton, 600 tonnes de graine de coton et 2 000 tonnes
d’arachides, soit une tonne à l’hectare et que par consé-