L'AFRIQUE ÉQUATORIALE FRANÇAISE " 41
toriales qui n’iront pas sans soulever parfois les plus
rraves conflits. Ces compétitions prendront d’abord une
allure tranquille, chacun développant ses bases en remon-
tant, plus ou moins lentement ou vite, le cours des rivières
qui viennent de l’intérieur. Et c’est ainsi que de Brazza
remontera la Sangha avec Crampel et Fourneau, tandis
qu’il enverra d’autres collaborateurs le long de l’Oubanghi.
Mais du jour où Crampel sera venu en France pour y
exposer et faire sienne la thèse d’une jonction, sur les
bords du Tchad, de l’Algérie, du Soudan et du Congo, et
aura réussi à faire adopter ses plans par le Comité de
l'Afrique française spécialement fondé en vue de cette
politique par Harry Alis et le prince d’Arenberg, — 1890
— de ce jour-là la lutte pôur l’hinterland prendra sa plus
grande vivacité, surtout dans la direction du Tchad et
du Nil.
Le Tchad peut être atteint par deux voies différentes,
en dehors de celle de l'Algérie : la voie du sud-ouest par
le Niger et la Bénoué, à quoi s’appliquera Mizon en s’expo-
sant aux brimades des Anglais ; la voie du sud au nord
en- venant de l’Oubanghi. Échec complet sur la première,
réussite sur la seconde. Mais entre les Anglais du Niger
st nous, 1l y a les Allemands du Cameroun qui, eux aussi,
se dirigent vers le Tchad. Nous avons quelque avance sur
eux. Si on leur barrait la route? De fait, Mizon trace une
ligne de barrage en descendant de la Bénoué vers la
haute Sangha. Et pour doubler cette ligne d’arrêt, la
mission Maistre qui, après Dybowski, a pris la route de
Crampel : Oubanghi-Chari, ne pouvant pousser davantage
au nord, oblique à l’ouest vers la Bénoué. Logiquement,
les Allemands sont écartés du Tchad. Mais l’art de la
diplomatie existe pour redresser l’absolu des faits maté-
riels, et le réduire au relatif de la politique internationale.
Et l’accord franco-allemand de 1894 dessine au Came-
roun des frontières qui devront être mieux précisées.