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Plus particulièrement — et nous devons insister sur ce point
Jans notre Société — les transitaires sont auprès des Compa-
gnies de transport les représentants des usagers, ils savent
leurs obligations mais aussi leurs droits, et, en cas de dom-
mage ils interviennent très efficacement, au contraire du
réceptionnaire non avisé dont la réclamation est presque
toujours sans effet.
C’est donc dans l’intérêt de nos commettants, et plus parti-
sulièrement des exportateurs, que nous demandons une plus
‘Aibérale application des tarifs d’exportation aux envois adres-
sés aux transitaires.
En recherchant comment l’on pourrait y arriver, nous ne
voulons nullement perdre de vue l’intérêt très légitime des
Compagnies de chemins de fer. Celles-ci nous disent : « les
transitaires nous ont démontré les abus qui pouvaient se
glisser par la porte demi-entr’ouverte par l’article 61. Ouvrons
la porte toute grande et les abus augmenteront naturellement
en proportion. Une insuffisance de recettes en sera la consé-
quence, insuffisance à laquelle devra suppléer la collectivité »,
Nous sommes évidemment tout à fait d’accord sur le fait
qu’il ne doit point y avoir d’abus. Si, dans le nationalisme
économique qui donne à toutes les nations le mot d’ordre :
« exportez plus, importez moins », ce n’était point une hérésie,
nous saisirions sans doute cette occasion pour faire des réser-
ves à l’égard d’un système qui consiste à transporter en y
perdant 200 % des casseroles de Paris à Marseille parce
qu’elles sont destinées à l’exportation. Mais le système appli-
qué, il importe qu’il soit le moins onéreux possible et pour
sela nous devons unir nos efforts à ceux des Compagnies.
Pour atteindre ce but, il nous semble qu’il est deux procé-
dés : Suivre le premier, c’est s'opposer à toute interprétation
ibérale des règlements, voir dans chaque usager un fraudeur,
multiplier les restrictions et les barrières.
Adopter le second, c’est baser les facilités accordées sur une
onfiance méritée, c’est s'appuyer le plus possible sur le crédit.
La première manière conduit à la raréfaction des échanges,
>t ne supprime point les fraudes, car les barrières fixes sont
vite repérées par les fraudeurs, et les connaître c’est vite
ronnaître aussi le moyen de les éviter.
La seconde a permis ce développement prodigieux des
changes, développement basé à tous les échelons et d’un
‘chelon à l’autre sur une confiance réciproque et motivée.