LES CAUSES DE LA DÉCADENCE DU MÉTIER
191
industries habituellement séparées » (1). Ainsi, l'industrie
des hauts-fourneaux compte parmi celles qui produisent
le plus de matières stériles et encombrantes, sous la
forme de scories et de laitiers. Chez Cockerill, à Seraing,
on a cherché à tirer parti de ces déchets pour la
fabrication de briques ou de ciment qui constituent
à présent une importante dépendance de la division
des hauts-fourneaux (2).
Disons aussi que la fabrique peut se procurer à
meilleur marché la matière première et les acces
soires, grâce à la combinaison de différents éta
blissements. En exploitant ses propres mines, une
entreprise sidérurgique évite les frais d’intermédiaires ;
de même, une maison de construction, en fondant une
menuiserie, ou une brasserie en fabriquant ses ton
neaux. Comme ces avantages ne se rapportent qu’à de
très grandes entreprises, nous en parlerons plus en
détail, de môme que de la spécialisation, dans le cha
pitre consacré à la concentration. La matière première,
achetée en grande quantité, est toujours moins chère
qu’au détail. Il coûte moins de faire venir une grande
cargaison de 1000 tonnes que 10 petites de 100.
Le prix de la force motrice diminue aussi sensible
ment avec la grandeur des machines à vapeur. D’après
des données de C. E Emeky à New-York (3), la force
d’un cheval-vapeur coûte par an (le prix du charbon
(1) Ch. Babbagk : Science économique des manufactures. Paris, 1834,
p. 151).
(2) Notices sur les établissements de la Société John Cockerill, p. 57.
(3) W. Sombart : Der moderne Kapitalismus, 1, c. v. II, p. 484.