LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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s’est produit des faits heureux de restauration d’ouvrages
abandonnés et perdus, comme ce fut le cas pour la vallée
de Chicama (1), autrefois région stérile et aujourd’hui une
des régions les plus riches et les plus fertiles du Pérou.
Ce fait est connu de tous sur le littoral.
IX. — Voici, d’après M. Charles Wiener, qui cite cet
exemple dans son livre Pérou et Bolivie, à la suite de
quelle trouvaille heureuse cette transformation d’un désert
a pu être opérée.
Un M. Luis Albrecht, au cours d’un voyage dans l’inté
rieur, remarqua des traces de cultures anciennes, et,
curieux de savoir comment ces cultures avaient été ali
mentées, il se mit à la découverte du canal d’irrigation qui
avait dû exister autrefois. Il en trouva les traces et les
poursuivit jusqu’à la source qui se déversait et se perdait
dans un profond ravin. Aussitôt, il acquit à vil prix ces
immenses terrains, et fit rétablir le canal des autochtones.
Les frais occasionnés par cette opération montèrent à
peine à 40.000 francs.
Après avoir installé douze haciendas, exploité pour son
compte quatre fermes immenses, M. Albrecht dota ses
cinq enfants à raison d’un million de soles chacun, soit
2.500.000 francs en monnaie française, sans compter des
machines et des haciendas pour une valeur de quatre mil-
lions, de la canne à sucre pour une valeur égale, et des
terrains immenses, gagnant tous les jours en valeur dans
des proportions extraordinaires.
X- — Les canaux d’irrigation anciens traversent par
fois d’assez grands espaces sur un sol granitique. Pour
creuser une roche aussi dure, les Indiens modernes em
ploient un procédé fort curieux; ils brûlent la. pierre.
(1) Non loin de Trujillo, département de Libertad.