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PÉRIODE DE 1834 A 1854.
ment nationale. Tandis qu’autrefois des barrières en
grand nombre, élevées comme à plaisir, avaient par
tout arrêté l’essor industriel, et borné toute exploi
tation à l’horizon le plus modeste, l’agrandissement
des débouchés à 1 intérieur combiné avec une pro
tection ellicace contre la concurrence étrangère était
venu fortifier les diverses branches de l’industrie,
donner un surcroît d occupations à toutes, en susci
ter de nouvel les et en enhardir même quelques-unes à
affronler sur les marchés du dehors la rivalité étran
gère. L aniique état de choses était devenu mécon
naissable, et chez la classe industrielle, qui avait
gagné en indépendance et en considération, se dé
veloppa de plus en plus la conscience de sa force et
le sentiment de la solidarité. Cette tournure des es
prits fut puissamment secondée par l’érection en tous
lieux d écoles industrielles, réelles et polytechniques,
témoignant de la sollicitude des gouvernements pour
l’outillage scientifique. La presse même s’était mise
au service de l’industrie, dont les représentants fini
rent par composer en quelque sorte un ordre fermé,
résolu à défendre lui-même ses intérêts et à reven
diquer ses droits.
La classe des commerçants au contraire, dont
les profits avaient été dus principalement jus
qu alors au placement des articles étrangers, ne
sut pas se maintenir à la hauteur de la précédente.
Bien qu en effet de plus grandes facilités commer
ciales ainsi qu’un accroissement sensible dans la