CHAPITRE X
LA VALEUR COMMERCIALE
ET PRODUCTIVE DES COLONIES
1 — LE DÉBOUCHÉ COLONIAL
par M. André LEBon,
ancien ministre des Colontes.
Je voudrais faire tout d’abord deux remarques préli-
minaires. Je n’emploierai pas le mot colonie dans le sens
administratif où cette expression est généralement
employée, sens extrêmement restreint et qui ne vise que
ceux des territoires hors d’Europe, administrés par le
ministère des Colonies de la rue Oudinot. Je me permet-
trai d’englober dans la même expression ce qui est la
partie la plus belle de notre domaine colonial : l'Afrique
du Nord, que des raisons politiques ont divisée entre deux
ministères, celui de l’Intérieur et celui des Affaires étran-
gères, mais qui constitue incontestablement une des plus
magnifiques œuvres coloniales du monde. D'un autre
côté, je ne donnerai que très peu ou pas de chiffres,
parce que cela alourdirait inutilement le cours de mon
rapide exposé et aussi parce que nous vivons dans un
temps où les chiffres n’ont aucune espèce de signification
à raison de l’incessante variation des valeurs à quelques
années d’intervalle. De simples indications de propor-
tions vous donneront des notions plus exactes que les
chiffres soi-disant absolus fournis par les statistiques.
Notre domaine colonial constitue pour la métropole