182 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
44 1. Un pareil impôt ne peut donc, dans aucun cas, affecter le
propriétaire.
Un impôt sur les prolits du capital n’a jamais d’effet sur la rente
en nature; mais la rente en argent varie selon le prix du blé. Au
contraire, un impôt sur les produits immédiats de la terre, ou une
dîme, affecte toujours les rentes en nature, et laisse en général les
rentes en argent dans le môme état. Dans une autre partie de cet
ouvrage, j’ai dit que si un impôt territorial d’une valeur égale en
argent était mis sur toutes sortes de terres en culture, sans égard
pour leurs différents degrés de fertilité, cette contribution serait trèsinégale
dans son opération, ear ce serait un profit pour le propriétaire
des terres les plus fertiles. Un tel impôt ferait hausser le prix
du blé à proportion de la charge supportée par le fermier du plus
mauvais terrain; mais cette augmentation de prix étant obtenue par
l’excédant des produits récoltés sur les meilleures terres, les fermiers
de ces terres auraient un avantage pendant la durée de leurs
baux, et à leur expiration cet avantage resterait au propriétaire
sous la forme d’une augmentation dans le taux de la rente.
L’effet d’un impôt réparti d’une manière égale sur les profits du
fermier est précisément semblable; un tel impôt augmente la rente
en argent des propriétaires, si l’argent conserve la môme valeur ;
mais comme les profits de tous les autre s commerces sont imposés
aussi bien que les profits du fermier, et qu’en conséquence les
prix de toutes les marchandises, comme celui du ble, ont hausse,
le propriétaire perd autant par l’augmentation du prix en argent
des marchandises et du blé, qu’il gagne par la hausse de sa rente.
Si l’argent haussait de valeur, et si toutes les choses, après 1 établissement
d’un impôt sur les profits des capitaux, tombaient à
leurs anciens prix, la rente redeviendrait aussi ce (ju elle était au
paravant. Le propriétaire recevrait la môme rente en argent, et
il aurait tous les objets qu’il achetait avec cet argent à leurs anciens
prix ; en sorte que, dans toiis les cas, il continuerait à ne
pas payer l’impôt \
Ce fait est réellement curieux. Lu imposant les profits du 1er
mier, il sc trouve que sa charge n’est pas plus lourde que s’il avait
' Il serait très-avantageux pour les propriétaires que l’impôt atteignit les profits
du fermier, plutôt que ceux de tout autre capitaliste. En effet, on asseoirait
alors sur les consommateurs de denrées agricoles, une taxe qui profiterait
et à l’État et aux maîtres du sol.