Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  XIX.  —  DES  CHANGEMENTS  DANS  LES  VOIES  DU  COMM.  239

CHAPITRE  XIX.

ÜES  CHANtiEMETSTS  SOlJDAlISS  DANS  LES  VOIES  DU  COMMERCE.

Tu  pays  très-riclie  en  manufactures  est  particulièrement  expose  à
(les  revers  et  à  des  accidents  temporaires,  provenant  du  transport
des  capitaux  d’un  emploi  dans  un  autre.  Les  demandes  des  produits
de  l’agriculture  sont  uniformes,  et  elles  ne  sont  pas  sous  l’intluence
de  la  mode,  du  préjugé  ou  du  caprice.  Pour  la  conservation  de  la
vie,  il  faut  de  la  nourriture,  et  dès  lors  la  demande  de  subsistances
doit  se  soutenir  dans  tous  les  temps  et  dans  tous  les  pays.  Il  n’en
est  pas  de  même  pour  ce  qui  regarde  les  objets  manulacturés,  dont
la  demande  dépt  nd,  non-seulement  des  besoins,  mais  encore  du  goût
et  du  caprice  des  acheteurs.  De  plus,  un  nouvel  impôt  peut  détruirt
les  avantages  comparatifs  qu’un  pays  retirait  auparavant  de  la  fabrication ­
  d’une  certaine  marchandise,  ou  bien  la  guerre  peut  faire
tellement  hausser  le  fret  et  l’assurance,  que  ces  produits  manufacturés ­
  ne  puissent  plus  soutenir  la  concurrence  avec  les  ouvrages
fabriqués  dans  les  dilférents  pays  où  ces  produits  étaient  exportés
auparavant.  Dans  tons  ces  cas,  ceux  qui  se  trouvent  engagés  dans
la  fabrication  de  ces  articles,  éprouveront  une  grande  crise  ,  et
feront  sans  doute  (Quelques  pertes.  Les  maux  seront  sentis,  nonseulement
  au  moment  du  changement,  mais  encore  pendant  tout
I  intervalle  «pii  s’écoulera  avant  que  les  industriels  donnent  une  nouvelle ­
  direction  à  leurs  capitaux  et  aux  bras  dont  ils  disposent,  en  les
(iirigeant  vers  un  autre  genre  d’industrie.
Le  mal  ne  se  fera  pas  sentir  seulement  dans  le  pays  où  cesdiflicultés
  ont  pris  naissance  :  il  s’étendra  également  à  ceux  où  ce  pays  exportait ­
  auparavant  ses  inarcbandLses.  i\ul  pays  lie  peut  longtemps  importer, ­
  sans  ex])orter  en  même  temps,  comme  il  ne  saurait  exporter
longtemps  sans  iinjiorter.  S’il  arrive  donc  quelque  circonstance  qui
empêche  un  pays  d’importer  la  quantité  ordinaire  de  marchandises
étrangères,  la  fabrication  de  quelques-uns  des  objets  que  1  on  expor
lait  ordinairement  diminuera  nécessairement  ;  et  quoique  la  valeur
            
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