Full text : Oeuvres complètes

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PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
totale  (les  productions  du  pays  n’en  souffre  que  peu  de  variation,—
le  capital  employé  restant  le  même,  —  ces  produits  ne  seront  plus
ni  aussi  abondants  ni  à  si  bon  marché,  et  le  changement  dans  l’emploi ­
  des  capitaux  entraînera  une  grande  détresse.
Si,  par  l’emploi  de  10,000  1.  st.  dans  la  fabrication  des  tissus  de
coton  destinés  à  l’exportation,  nous  importions  chaque  année  trois
mille  paires  de  bas  de  soie  de  la  valeur  de  2,0001.,  et  que,  par  l’interruption ­
  du  commerce,  nous  fussions  obligés  de  détourner  ce  capital
de  la  fabrication  des  tissus  de  coton,  pour  l’employer  dans  celle  des
bas,  nous  continuerions  toujours  à  obtenir  des  bas  pour  la  valeur  de
2,000  1.,  pourvu  qu’aucune  partie  du  capital  n’eùt  été  détruite  ;  mais
au  lieu  d’avoir  trois  mille  paires  de  bas,  nous  pourrions  n’en  avoir
que  deux  mille  cinq  cents.  Dans  le  passage  des  capitaux  de  l’industrie
du  coton  à  celle  des  bas  de  soie,  les  particuliers  pourraient  éprouver
une  grande  gène,  sans  que  néanmoins  la  valeur  du  capital  national
en  souffrît  beaucoup  ,  et  sans  que  la  quantité  de  la  production  annuelle ­
  se  trouvât  diminuée  \
Une  guerre  qui  éclate  après  une  longue  paix,  ou  une  paix  qui  suc
cède  à  une  longue  guerre,  occasionne  en  général  une  grande  détresse
dans  le  commerce.  Ces  événements  changent  considérablement  la  nature ­
  des  emplois  auxquels  les  capitaux  étaient  consacrés  auparavant
dans  chaque  pays;  et  pendant  que  s’en  opère  le  nouveau  classement,
le  capital  fixe  dort,  s’anéantit  même  parfois,  et  les  ouvriers  n’ont  plus
assez  de  travail.  La  durée  de  cette  crise  sera  plus  ou  moins  longue,
selon  le  degré  de  répugnance  que  la  plupart  des  hommes  éprouvent  à
quitter  le  genre  d’industrie  dans  lequel  ils  ont  pendant  longtemps
été  dans  l’habitude  d’employer  leur  capital.  La  détresse  est  souvent

'  «  Le  commence  nous  permet  d’aller  chercher  une  marchandise  dans  les
lieux  où  elle  existe  et  de  la  transporter  dans  d’autres  lieux  où  on  la  consomme.  Il
nous  donne  donc  les  moyens  d’accroître  la  valeur  d’une  marchandise  de  toute  la
différence  entre  les  prix  courants  de  ces  différentes  localités.  »  —  J.-B.  Sav.
Cela  est  parfaitement  vrai.  IMais  comment  se  crée  cette  valeur  additionnelle?
En  ajoutant  aux  frais  de  production  :  1°  les  frais  de  transport  ;  2“  les  profits  affé
rents  au  capital  avancé  par  le  marchand.—La  marchandise  indiquée  par  l’auteur
haussera  de  valeur  par  les  raisons  mêmes  qui  font  hausser  celle  de  tous  les  autres
produits,  c’est-à-dire  par  le  surcroît  de  travail  consacré  à  leur  production  et  à
leur  transport,  avant  qu’elles  atteignent  le  consommateur.  Il  ne  faut  donc  pas
considérer  ceci  comme  un  des  avantages  qui  naissent  du  commerce.  En  examinant ­
  cette  question  de  plus  près,  on  trouve  que  les  bienfaits  du  commerce  se
réduisent  à  nous  permettre  d’acquérir,  non  des  objets  plus  chers,  mais  des  objets
plus  utiles.  (Note  de  l’Auteur.J
            
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