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PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
quent de notre activité, de notre intelligence, que découlent les cho
ses que nous nommons richesses, aussi bien celles qui sont le plus
nécessaires (pie celles qui sont simplement une valeur d’agrément.
11 est évident, aussi, que toutes ces choses représentent unique
ment le travail qui les a créées; et si elles ont une valeur, ou deux
valeurs différentes, elles les reçoivent de la somme de travail dont
elles émanent. " »
M. Say, en parlant du mérite et des imperfections du hel ouvrage
d’Adam Smith, l’accuse d’avoir commis une erreur, en attribuant au
seul travail de l’homme le pouvoir de produire des valeurs. « lue
« analyse plus exacte, dit M. Say, prouve que ces valeurs sont dues
» à l’action du travail, ou plutôt de l’industrie de l’homme combinée
» avec l’action des agents que lui fournit la nature, et avec celle des
» capitaux Ce principe méconnu l’empéche d’établir la vraie
» théorie des machines, par rapport à la production des richesses. »
En contradiction avec 1 opinion d Adam Smith, IVI. Say, dans le
quatrième chapitre du premier livre de son Traité d’Économie poli
tique, parle de la valeur que les agents naturels, tels que la lumière
du soleil, l’air, la pression de l’atmosphère, donnent aux choses, en
remplaçant souvent le travail de l’homme, et quelquefois en travail
lant à la production en communauté avec lui*. >Iais ces agens natu-
, J,ai dit que la valeur qu’on met aux choses est la mesure de leur utilité, de la
satisfaction qu’on peut tirer de leur usage, en ce sens que lorsque deux choses ont
le même prix courant, c’est une preuve que les hommes de ce lieu et de ce temps
estiment qu’il y a le même degré de satisfaction à retirer de la consommation de
l’une ou de l’autre. Alais j’aurais eu très-grand tort si l’on pouvait iniérer de ce
que i’ai dit que lorsque le prix d’une chose baisse, son utilité diminue. L utilité
d’une chose qui baisse de prix se rapproche alors de l’utihté de l’air, qui ne nous
coûte rien, quoique fort utile.
Du reste, il n’y aurait pas eu de cercle vicieux à dire que la valeur est la
mesure de l’utilité, et l’utilité la mesure de la valeur, si ces quantités suivaient
une marche absolument pareille dans leurs variations; ce qui nest pas.
J.-B. Say. , ,
2 « Le premier homme qui a su amollir les métaux par le feu n est pas le créa-
» leur actuel de la valeur que ce procédé ajoute au métal fondu. Cette valeur est
I) le résultat de l’action physique du feu jointe à l’industrie et aux capitaux de
» ceux qui emploient le procédé. »
„ ... De cette erreur, Smith a tiré celte fausse conséquence, c est (jue
» toutes les valeurs produites représentent un travail récent ou ancien de l’homme,
en d’autres termes^ que la richesse n’est que du travail accumulé; d’où
" 2^ seconde conséquence lout aussi fausse, le travail est la seule mesure
\des richesses ou des valeurs produites. « Ces dernières conséquences, c’est