CH. XXll. - DE L’IMPORTATION ET DE L’EXPORTATION. 283
pour reiitrelieii des ouvriers augmentent, et les salaires haussent.
L’état d’aisance de l’ouvrier l’engage à se marier, la population s’ac
croît, et la demande de blé en élève le prix relativement aux autres
choses. Plus de capitaux sont employés profitablement dans l’agri
culture et continuent à y affluer, tant que l’approvisionnement
n égale pas la demande ; car alors le prix baisse de nouveau, et les
profits de l’agriculteur et du manufacturier reviennent au môme
niveau.
Il n’est d’aucune importance pour la question qui nous occupe,
que les salaires restent stationnaires après le renchérissement du blé,
ou qu’ils montent modérément ou excessivement ; car le manufactu
rier aussi bien que le fermier paient des salaires, et ils doivent à cet
^gard être également affectés par la hausse du prix du blé. Mais leurs
profits respectifs sont atteints d’une manière inégale, puisque le fer
mier vend ses denrées plus cher, tandis que le manufacturier donne
ses produits au même prix qu’auparavant. C’est pourtant l’inégalité
des profits qui engage les capitalistes à détourner leurs capitaux d’un
emploi vers un autre ; il y aura par conséquent une plus forte pro
duction de blé, et une moindre d’objets manufacturés. Les objets
manufacturés ne monteraient pas de prix en raison de la moindre
quantité qui en serait fabriquée ; car on en obtiendrait un approvi
sionnement de l’étranger, en échange du blé exporté.
Lorsqu’une prime fait monter le prix du blé, ce prix peut être ou
ne j)as être élevé, relativement à celui des autres marchandises. Dans
le cas où le prix relatif du blé hausse, il est hors de doute que le
fermier fera de plus forts profits, et qu’il y aura un appêt pour le
déplacement des capitaux, tant que le prix du blé ne tombera pas de
nouveau par l’effet d’un approvisionnement abondant. Si la prime ne
fait point hausser le prix du blé relativement à celui des autres mar
chandises , quel tort cela peut-il faire au consommateur national a
l)art l’inconvénient de payer l’impôt? Si le manufacturier paie son
blé plus cher, il en est indemnisé par le plus haut prix auquel il
vend les produits avec lesquels il achète en définitive le blé dont il a
besoin.
L’erreur d’Adam Smith provient de la même source que celle de
1 auteur de 1 article de la Jievue d Jbdinibouiy/, car ils croient tous
deux que « le prix en argent du blé règle celui de tous les autres
” produits nationaux *. » « 11 détermine, dit Adam Smith, le prix en
C’est aussi l’opinion de M. Say. Liv. ///, c/iaj). 8.