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CH. XXII. — DE L’IMPORTATION ET DE L’EXPORTATION.
» dans le marché intérieur, ou d’une prime accordée à l’exportation,
« on met nos fabricants de toiles ou de lainages à même de vendre
“ leurs marchandises à un prix un peu meilleur que celui auquel ils
» les auraient données sans cela, on élève non-seulement le prix no-
» minai, mais le prix réel de leurs marchandises ; on les rend équiva-
“ lentes à plus de travail et à plus de subsistances; on augmente non-
« seulement le profit nominal de ces fabricants, mais leur profit réel,
« leur richesse et leur revenu réels On encourage réellement ces
“ manufactures Mais quand, à l’aide de mesures semWahles, vous
» faites hausser le prix nominal du blé et son prix eu argent, vous n’é-
» levez pas sa valeur réelle, le revenu réel de nos fermiers ni de nos
• propriétaires ruraux ; vous n’encouragez pas la production du blé....
** La nature des choses a imprimé au blé une valeur réelle, qui ne sau-
>* rait changer par reffet d’une simple variation de son prix en argent...
» Dans le monde entier, cette valeur sera égale à la quantité de bras
» qu elle peut faire subsister. »
J’ai déjà tâché de faire voir que le prix courant du blé doit, en
raison de l’augmentation de la demande par l’effet d’une prime d’ex
portation, excéder son prix naturel jusqu’à ce que l’on obtienne le
surcroît d’approvisionnement ; et, dans ce cas, il doit revenir à son
prix naturel. Mais le prix naturel du blé n’est pas aussi stable que
celui des autres marchandises, ¡»arce que, dès que la demande de
blé augmente considérablement, il faut livrer à la culture des terrtîs
d’une qualité inférieure, qui, pour produire une quantité déterminée
<le blé, exigeront plus de travail, ce qui fera hausser le prix du blé.
L’effet d’une prime permanente sur l’exportation du blé serait donc
de le faire tendre constamment à la hausse ; ce qui, comme je l’ai
fait voir ailleurs, ne manque jamais de faire hausser la rente L Les
propriétaires ruraux ont donc un intérêt non-seulement temporaire,
mais permanent, aux prohil)itions d’importation du blé, et aux pri
mes accordées à son exportation ; mais les manufacturiers n’ont
point d’intérêt permanent aux ¡»rimes d’ex¡)ortation de leurs produits
manufacturés : leur intérêt, à cet égard, n’est que temporaire.
Des ¡»rimes accordées à l’exportation des objets manufacturés ne
. peuvent manquer, ainsi que le docteur Smith le dit, de faire hausser
le ¡»rix courant des objets manufacturés ; mais elles ne feront ¡»as
monter le ¡»rix naturel de ces objets. Le travail de deux cents hom-
■' Fuyez le chapitre de la Rente.