Full text : Oeuvres complètes

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ClI.  XXVI.  —  I»U  HEVENlj  BRUT  ET  Ul  REVENU  NET.

(^Rioiijue  je  comicime  que,  par  la  nature  du  feimage,  un  capital
déterminé  employé  à  l’agriculture  sur  tous  les  terrains  autres  que
ceux  cultivés  les  derniers,  met  en  activité  une  plus  grande  quantité
de  travail  qu’un  capital  employé  dans  les  manufactures  ou  dans  le
commerce,  je  ne  saurais  pourtant  admettre  qii  il  y  ait  la  moindre
différence  entre  les  quantités  de  travail  mises  en  activité  par  un  capital ­
  emi)loyé  dans  le  commerce  intérieur,  et  par  un  pareil  capital
employé  dans  le  commerce  étranger.
«  Le  capital  (^ui  envoie  à  Londres,  dit  Adam  Smith,  des  ouvrages
»  de  fahriipie  écossaise,  et  rapporte  à  Edimbourg  du  blé  anglais  et
»  des  ouvrages  de  fabrique  anglaise,  remplace  nécessairement,
»  dans  chacune  de  ces  opérations,  deux  capitaux  appartenant  à  des
»  sujets  de  la  Crande-Bretagne,  et  qui  ont,  tous  les  deux,  été  em-»
  ployés  dans  lagriculturc  ou  les  manufactures  de  la  Grande-Bre-»
  tagne.
»  Le  capital  qui  est  employé  à  acheter  des  marchandises  étrangè-»
  res  pour  la  consommation  intérieure,  quand  l’achat  sc  fait  avec  le
»  produit  de  l’industrie  nationale,  remj)lacc  aussi,  par  chaque  opé-»
  ration  de  ce  genre,  deux  capitaux  distincts,  mais  dont  un  seule-»
  ment  est  employé  à  soutenir  l’industrie  nationale.  Le  capital  qui
>*  envoie  en  Portugal  des  marchandises  anglaises,  et  qui  rapporte  en
»  Angleterre  des  marchandises  portugaises,  ne  remplace,  dans  cha->>
  cune  des  opérations  qu'il  fait,  qu’un  seul  capital  anglais;  l’autre
»  est  un  capital  %)ortugais.  Ainsi,  quand  même  les  retours  du  com-»
  mcrcc  Hranijer  de  consommation  seraient  aussi  prompts  que  ceux  du
»  commerce  intérieur,  le  capital  employé  dans  celui-là  ne  donnerait
>)  toujours  qu’un  encouragement  de  moitié  plus  faible  à  l’industrie
»  ou  au  travail  productif  du  pays.  «
Cet  argument  me  parait  fallacieux;  car,  quoique  deux  capitaux,
l’un  portugais  et  l’autre  anglais,  soient  employés,  ainsi  que  le  suppose
le  docteur  Smith,  il  y  aura  cependant  un  capital  employé  au  commerce ­
  étranger,  double  de  celui  qui  sera  employé  an  commerce  inté
rieur.  Supposons  que  l’Écogsc  emploie  un*capital  de  1,000  livres  sterling ­
  à  la  fabrication  desifhiles,  qu  elle  échange  contre  le  produit  d’un
capital  pareil  employi^if  Angleterre  à  la  fabrication  des  soieries,  ces
deux  pays  emploieront^ainsi  2,000  liv.  sterl.  et  une  (pianlité  de  traun ­

  profil  pour  l’un  sans  être  une  perte  pour  (pielíjue  autre,  est  profitable  pour  le
particulier  (|ui  gagne,  sans  l’être  pour  le  pays.  —  I  -lE  Say.
GL'ur.  de  Jiicardo.)  ^  I
            
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