Full text : Oeuvres complètes

*3«  /  OEUVRES  DIVERSES.
n’exportera  le  numéraire  que  dans  le  cas  où  il  serait  en  excès  relativement ­
  aux  marchandises  et  aux  autres  pays.  Cependant  ils  soutiennent ­
  immédiatement  après  que  1  exportation  des  métaux  précieux
est  1  effet  de  lo,  bãldnce  du  comtnevcd^^  et  dérive  de  causes  qui  peuvent ­
  agir  «  indépendamment  de  la  surabondance  ou  de  la  faiblesse
»  de  la  circulation.  Ces  opinions  me  semblent  diamétralement  op
'  »  posées.  »  Si  nous  admettions  qu’on  puisse  exporter  les  métaux
précieux  en  échange.de  marchandises,  dans  le  cas  même  où  ils  seraient ­
  aussi  chers  dans  le  pays  qui  exporte  que  dans  celui  qui  importe, ­
  quels  effets  résulteraient  d’une  opération  aussi  insensée?
«  Une  insuffisance  de  monnaie  dans  un  jmys,  et  une  exubérance
.  relative  dans  l’autre,  disent  les  rédacteurs  de  la  Revue,  p.  343,
»  ne  peuvent  manquer,  dans  cet  état  de  choses,  d’avoir  une  action
»  immédiate.  Elles  modifieront  les  résultats  de  la  balance  des  paie-»
  ments  ,  et  rétabliront  dans  les  métaux  précieux  l’équilibre  troublé
«  pendant  quelque  temps  par  l’inégalité  naturelle  des  besoins  et  des
»  nécessités  dans  les  pays  contractants.  »  Cette  proposition  serait
satisfaisante  si  les  auteurs  avaient  indiqué  le  point  où  commence
cette  réaction;  car,  au  premier  abord-,  il  semble  que  les  mêmes  lois
qui  permettent  d’exporter  le  numéraire  d’un  pays,  quand  il  n’y  est
pas  à  plus  bas  prix  que  dans  celui  où  on  l’exporte,  doivent  aussi
permettre  de  l’exporter  quand  il  y  est  plus  cher.  C’est  l’intérêt  individuel ­
  qui  régit  toutes  les  opérations  commerciales;  et  nous  ne  saurions ­
  où  nous  arrêter,  si  nous  appliquions  une  autre  règle  là  où  cet
intérêt  est  palpable  et  satisfaisant.  Ils  auraient  donc  dû  nous  expliquer ­
  comment  le  fait  de  la  continuité  des  demandes  pour  la  marchandise ­
  importée,  n’enlève  pas  au  pays  imporleur  la  totalité  de  son
numéraire  et  de  ses  lingots.  Quel  obstacle  opposcra-t  on,  dans  ces
circonstances,  à  l’exportation  du  numéraire?  Les  rédacteurs  l’expliquent ­
  en  disant  :  «  Un  pays  dont  la  quantité  de  lingots  a  diminué
»  verrait  bientôt  lui  échapper  la  faculté  de  payer  avec  des  métaux
»  précieux.  »  Pourquoi  bientôt?  N’est-il  pas  admis  «  que  circulation
»  excessive  et  insuffisante  sont  seulement  des  termes  relatifs,  qui
»  n’ont  de  signification  que  par  rapport  aux  autres  pays?  »  Ne  résulte-t-il ­
  pas  de  ces  aveux  que,  si  la  balance  du  commerce  s’établit  contre ­
  un  pays,  alors  même  que  sa  circulation  ne  serait  pas  exagérée,

I  •  Nous  parlons  d’une  balance  de  commerce,  abstraction  faite  d’une  balance
\  des  paiements.  Une  balance  de  commerce  peut  être  favorable,  et  la  seconde  être
1  1  défavorable.  C’est  en  effet  celle-ci  qui  réagit,  seule,  sur  le  change.
            
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