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ŒUVRES DIVERSES.
afaitesur lemème mot, quand la commission s’en est servi : Votre Si
est un grand pacificateur. Mais ce n’est pas le cas ; la loi ne peut-être
mise eu vigeur. Aussi la remarque n’a-t-elle aucune portée dans
la question actuelle.
Si toutefois il était possible d’appliquer la loi, elle aurait le caractère
de la plus cruelle injustice. Pourquoi le possesseur d’une once
d’or-monnaie n’aurait-il pas, pour accroître la valeur de sa pro
priété, des droits égaux à ceux dont jouit le détenteur d’une once
d’or-lingot? Doit-il rester soumis à toutes les baisses que produisent
dans la valeur de l’or l’exploitation de nombreuses mines et tant
d’autres circonstances, sans être admis à recueillir les profits qui
résultent d’une hausse dans cette valeur? Et cela pour le mince
avantage de voir son or revêtu d’une empreinte? Cette injustice
faite à des individus ne serait pas compensée par les plus légers béné
fices pour la communauté, car l’exportation du numéraire, quand
elle est permise, cessera toujours au moment où la valeur de notre
circulation se sera élevée à son prix réel en lingots, et c’est là
précisément la valeur à laquelle demeurent fixées toutes les évalua
tions monétaires du globe.
Telle fut, malgré la loi, la valeur de notre circulation, jusqu’au
bill de restriction de la banque et pendant quelques années après ;
telle elle redeviendrait encore inévitablement, si on rapportait un
acte aussi hautement impolitique. Elevez la valeur de notre circu
lation à son véritable niveau, et vous serez sûrs de l’enchaîner. Il ne
peut y avoir de plus mauvais système que celui, par exemple, qui
retient un million de livres sterling pour des résultats auxquels
800,000 1. 8. suffisent complètement.
SECTION DEUXIÈME.
Conséquences qui résulteraient de l’hypothèse où les circulations monétaires des peu
ples (l’Angleterre exceptée) seraient diminuées ou accrues de moitié.
Supposons que la circulation de tous les pays soit entièrement des
servie par des métaux précieux et que l’Angleterre en possède une
fraction égale à un million. Supposons encore qu’au même mo
ment la moitié des monnaies de tous les pays, excepté celles de l’An
gleterre, soit tout à coup annulée. Serait-il possible à l’Angleterre de
conserver alors le million qu elle possédait primitivement? Sa circu
lation ne deviendrait elle pas relativement excessive, en la compa-