494 OEUVRES DIVERSES.
raient peut-être même, dans ce cas, que c’est la rareté de l’or au de
hors qui a ainsi augmenté la valeur de la guinée.
SECTION QUATRIÈME.
Défaut attribué à la théorie de M. Locke sur la refonte de 1696.
M. Bosanquet affirme avec justesse que la théorie de M. Locke
était semblable à celle que nous défendons. Ce penseur avait en effet
établi qu’une once d’argent monnayé ne pouvait avoir une valeur
moindre qu’une once d’argent en lingots, au même titre. Et le
comité soutient de nos jours, que dans l’état normal de la circulation
anglaise, une once d’or-lingots ne peut avoir pour longtemps une
valeur supérieure à 3 1. 17 s. 10 1/2 d. ou à une once d’or-monnaie.
Aucune de ces deux opinions n’a été encore réfutée comme in
correcte ; et si les résultats qu’on attendait de la refonte sous le règne
de Guillaume, ne se réalisèrent pas, ce n’est point pour avoir appli
qué la théorie de M. Locke, mais bien pour l’avoir méconnue.
Ce n est pas davantage parce qu’on ne put le convaincre que la valeur
des lingots d argent avait dépassé le prix légal ou de la monnaie
(chose impossible, si on l’évaluait en monnaie d’argent), mais bien
parce que ses vues ne furent pas adoptées.
M. Locke proposa que la monnaie d’argent fût le seul étalon fixe
et légal de la circulation et que les guinées eussent cours dans tous
les paiements, pour leur valeur en lingots. D’après ce système, une
guinée eût subi toutes les variations de la valeur relative de l’or à
l’argent; elle eût tantôt représenté 20 1. et tantôt 25. Mais con
trairement au principe de M. Locke, on fixa la guinée à 22 sbill. et
plus tard à 21 s. 6 p. tandis que sa valeur en lingots était considéra-,
blement inférieure à cette évaluation*. Au même moment, et par
cela seul que Tor était coté trop haut, la monnaie d’argent passait
dans la circulation pour une valeur moindre que celle des lingots
d argent. On devait dès lors s’attendre à voir conserver les coins
d or, et au contraire disparaître de la circulation toutes les monnaies
d’argent. Si l’on eût ramené la valeur des guinées en circulation à
* On peut dire que malgré la loi qui prohibait le cours des guinées à plus de 21s.
6 d. elles ne furent pas déclarées inonnaie légale, avant 1717 ; et que, par consé
quent, aucun créancier n’était obligé de les recevoir en acquit d’une dette à ce
taux. — Mais en leur accordant cette valeur dans le paiement des taxes, le gou
vernement leur concédait un privilège équivalent à celui de mmimie légale.