Full text : Oeuvres complètes

RÉPONSE  AUX  OBSERVATIONS  DE  M.  BOSANQÜET.  497
failliblement  le  pays  d’où  l’or  se  déplace,  le  prouve  d’une  manière
suffisante.  Il  eut  pourtant  été  satisfaisant,  pour  ceux  qui  désiraient
pénétrer  clairement  ce  sujet  difficile,  de  voir  exposer  par  M.  Bosanquet
les  moyens  que  nous  avons  de  rétablir  cette  balance  qu’il  soutient
être  défavorable.  Pense-t-il  qu’elle  a  dû  être  acquittée  de  nos  jours
avec  notre  propre  réserve  d’or?  Sommes-nous  donc  habitués  à  conserver ­
  stérile  une  masse  de  lingots  suffisante  pour  rétablir  de  telles
balances  année  par  année?
Comme  nous  ne  possédons  point  de  mines  en  propre,  si  notre
réserve  n’égale  pas  cette  somme  de  lingots,  nous  devrons  l’acheter
aux  pays  étrangers,  car  les  billets  de  banque  ne  peuvent  servir  à
cette  fonction.  Que  le  prix  de  l’or  en  bank-notes  soit  de  4  1.
ou  10  1.  l’once,  il  n’ajoutera  rien  à  notre  masse  de  lingots;  car
cette  quantité  additionnelle,  l’exportation  des  marchandises  seule  la
donne.  Si,  par  exemple,  nous  la  puisons  en  Amérique  ,  c’est
^vec  des  marchandises  que  nous  la  payons.  Dès  lors  un  regard
sur  le  mouvement  commercial  du  pays  nous  démontre  que  nous
uvons  dù  acquitter  notre  dette  envers  l’Europe  en  exportant  des
uiarcbandises  sur  quelque  autre  point  du  globe.  La  balance  des
paiements,  quelque  vaste  qu  elle  soit,  devra  done  en  définitive  se
solder  par  le  produit  du  travail  national.  Les  lettres  de  change
U  acquittent  jamais  la  dette  d’un  pays  à  un  autre.  Elles  permettent
^  un  créancier  de  l’Angleterre  de  recevoir  dans  le  lieu  de  sa  résidence,
"UC  certaine  somme  d’argent  d’un  débiteur  de  l’Angleterre.  Tous
deux  accomplissent  le  transfert,  la  cession  d’une  dette,  mais  ils  ne
^  Acquittent  pas.  Personne  ne  niera  que  des  demandes  d’or  (s’il  arrivait ­
  jamais  que  le  créancier  n’acceptât  que  de  l’or)  puissent  provoquer ­
  une  hausse  dans  sa  valeur.  C’est  jwurquoi,  si  les  marchandises
baissaient  considérablement,  il  ne  faudrait  y  voir  que  l’eflèt  naturel
d’une  telle  cause.  Mais  comment  une  hausse  quelconque  dans  le  prix
de  l’or  évalué  en  bank-notes  en  faciliterait-elle  l’acquisition  dans  le
cas  même  où  on  thésauriserait  en  Angleterre  ?
Le  vendeur  ne  se  laissera  pas  séduire  par  un  accroissement  de
valeur  nominale.  Il  lui  importera  peu  que  son  or  soit  vendu  à  3  1.
17  sh.  10  1/2  d.  ou  à  4  1.  12  s.  l’onee,  pourvu  que  l’une  ou  l'autre  de
sommes  lui  procure  les  marchandises  contre  lesquelles  il  voulait, ­
  en  définitive,  échanger  son  or.  Si  donc  on  accorde  aux  billets
de  banque  de  3  1.17  sh.  10  1/2  d.  une  valeur  égale  à  4  1.  12  s.  dans  les
opérations  sur  les  marchandises  qu’on  veut  acheter,  ces  deux  pnx
équivaudront  à  la  même  quantité  d’or.  Maintenant  peut  on  nier
{OEuv.  de  Ricardo.)
            
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