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I'IIINCIPKS 1)1: I/ÉCONOMIE rOLITlQl’K.
sier (les sociétés naissantes, (pii précède l’accumulation des capi
taux, et l’appropriation des terres, le rapport entre la (quantité de
» travail nécessaire pour acquérir chaque objet paraît la seule donnée
» qui puisse conduire à poser une rèfçle pour l’échange des uns
» contre les autres. Par exemple, si dans une nation de chasseurs il
» en coûte ordinairement deux fois autant de travail ])our tuer un
V castor que pour tuer un daim, on donnera naturellement deux
» daims pour un castor, ou, en d’autres termes, un castor vaudra
» deux daims. Il est tout simple (pie ce qui est d’ordinaire le [iroduit
» de deux Journées ou de deux heures de travail, vaille le double de
» ce qui n’exige ordinairement qu’un jour ou une heure de tra-
>> vail \ »
Il importe essentiellement en économie politique de savoir si telle
est en réalité la hase de la valeur échangeable de toutes les choses,
excepté de celles que l’industrie des hommes ne peut multiplier a
volonté; car il n’est point de source d’où aient découlé autant d’er
reurs, autant d’opinions diverses, ([ue du sens vague et peu précis
qu’on attache au mot valeur.
Si c’est la quantité de travail lixée dans une chose, qui règle sa
valeur échangeable, il s’ensuit que toute augmentation dans la quan
tité de ce travail doit nécessairement augmiMiter la valeur de l’objet
auquel il a été employé ; et de même que toute diminution du même
travail doit en diminuer le prix
d’Ecommie politique, on voit que les travaux productifs sont ceux du savant qui
étudie les lois de la nature, de Ventreprcncur d’industrie qui les applique à la
satisfaction des besoins de l’homme, et de Vonvrier qui exécute le travail manuel
qui résulte de l’indication des deux premiers. l e mot travail exprime imparfaite •
ment toutes ces opérations, dont quelques-unes renferment des nisultats de ce
qu’il y a de plus relevé dans l’intelligence humaine. C’est à leur ensemble qu’il
convient de donner le nom d'industrie, pour réserver le nom de travail aux opé
rations qui sont plus dépourvues de combinaisons. L’analyse des diverses opéra
tions de l’industrie est d’autant plus nécessaire, qu’elles obtiennent, dans la dis
tribution des valeurs produites par leur moyen, des rétributions très-diverses.
.I.-B. Say.
* Livre I, chap. 16, p. 65, édit. Guillaumin.
1 M. Ricardo me semble à tort ne considérer ici qu’un des éléments de la valeur
des choses, c’est-à-dire le travail, ou, pour parler plus exactement, l’étendue des
sacrifices qu’il faut faire pour les produire. Il néglige le premier élément, le véri
table fondement de la valeur, l’utilité. C’est l’utilité qui occasionne la demande
qu’on fait d’une chose. D’un autre côté, le sacrifice qu’il faut faire pour qu’elle
soit produite, en d’autres mots, ses frais de production font sa rareté, bornent la