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DE L'ADRIATIQUE AU DANUBE. 25
débattent, les uns dans des élans de fuite, les autres dans les convulsions de
I agonie. Enfin on pousse tous ces corps morts vers le rivage; il n’est pas
rare qu’on en compte cinq à six cents. Le poisson est immédiatement
dépouillé et salé; on le conserve ainsi jusqu’au moment de l’expédition.
La route descend; nous voici à Yoloska, qui trempe coquettement le
pied blanc de ses maisons dans la mer. Tous les balcons sont ornés de
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Les pèclieurs de thon.
fleurs; la glycine suspend aux façades ses guirlandes aux grappes violettes,
le chèvrefeuille grimpe autour des piliers, la vigne s arrondit en berceau,
répandant déjà une enivrante odeur. Des groupes de mortels heureux,
vivant dans une paresse pleine de béatitude, fument à l’ombre des treilles
et des figuiers. Ici, une touffe de laurier, nouée à une ficelle au-dessus d une
porte, indique un débit de vin; plus loin, des copeaux qui flottent comme
un nœud de rubans de satin, marquent un débit de bière.
Autour de la fontaine du village, pendant que l’eau remplit en chantant