Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

DE  L’AD  tt1  AT  I  QU  E  AU  DASURE.

Si,  d’un  côté,  M.  Whitehead  a  trouvé  le  moyen  de  détruire  les  hommes,
d’un  autre  côté,  il  a  trouvé  le  moyen  de  les  conserver,  de  sorte  qu  il  y  a
compensation.
Fulton,  F  inventeur  des  bateaux  à  vapeur,  s’était  déjà  occupé  des  moyens
de  défendre  les  côtes  et  de  détruire  les  flottes  ennemies.  G  est  même  lui
qui  a  donné  à  ces  engins  le  nom  de  torpille,  en  souvenir  du  poisson  dont
le  contact  produit  une  commotion  électrique.  Fulton  remplit  de  poudre  un
corps  flottant  qui  pouvait  s’enflammer  à  volonté  par  la  marche  d’un  mouvement ­
  d  horlogerie  adapté  à  la  platine  d’un  fusil.  En  1805,  il  fit  l’essai
de  sa  torpille  devant  les  lords  de  F  amirauté  :  elle  fut  dirigée  contre  un
vieux  brick  qu  elle  atteignit  au  bout  de  dix  minutes,  et  qui,  soulevé  à  une
grande  hauteur  par  1  explosion,  retomba  fracassé.  En  1807,  Fulton  répéta,
mais  avec  moins  de  succès,  ses  expériences  aux  États-Unis.
On  ne  s’occupa  plus  de  cette  invention  jusqu’à  1  époque  de  la  guerre  de
sécession,  où  les  Américains,  reprenant  les  idées  de  Fulton,  construisirent
un  petit  navire,  le  Spitting-Devil,  muni  à  son  avant  d’un  mécanisme  mettant ­
  en  mouvement  une  longue  lance,  à  F  extrémité  de  laquelle  était  fixée
une  torpille  en  forme  d’obus  qui  allait  se  placer  sons  le  bâtiment  qu’on
voulait  faire  sauter.  Aujourd’hui,  tout  cela  semble  bien  primitif,  car,  on
Fa  vu,  M.  Whitehead  a  perfectionné  les  torpilles  jusqu’au  point  d’en  faire
presque  des  êtres  vivants.  Et  qui  sait?  ce  n’est  peut-être  pas  encore  là  le
dernier  mot  de  la  guerre  sous-marine.
M.  le  comte  Hoyos  me  fit  courtoisement  reconduire  dans  son  équipage
jusqu’à  Fiume,  ou  je  retrouvai,  dans  le  restaurant  de  F  hôtel  de  F  Europe,
M.  Scarpa  qui  m’attendait.  Après  un  déjeuner  rapidement  expédié,  nous
allâmes  joindre  sur  son  petit  vapeur  M.  le  chevalier  Sivel,  ingénieur  en
chef  des  travaux  du  port  de  Fiume.
La  Hongrie  n’a  pas  regardé  aux  millions  pour  embellir  et  doter  la  ville
de  Fiume  d’un  port  qui,  lorsqu’il  sera  achevé,  sera  plus  grand  et  plus  beau
que  celui  de  Trieste,  dont  la  surface  de  mouillage  est  bien  plus  restreinte.
En  1857,  les  navires  qui  arrivaient  à  Fiume  étaient  encore  obligés,  pour
se  mettre  à  l’abri  de  la  boro,  de  se  réfugier  dans  F  embouchure  canalisée
de  la  Humara.  Aujourd’hui,  le  port  se  compose  d’une  digue  au  large  de
280  mètres  de  longueur,  d’un  môle  de  70  mètres,  et  de  300  mètres  linéaires
de  quais  reliant  par  un  demi-rectangle  le  môle  à  la  digue.  C’est  une  société
parisienne,  la  Société  d  entreprise  générale  de  chemins  de  fer  et  de  travaux
publics,  qui  s’est  chargée  de  la  construction  du  port  de  Fiume.  On  peut  dire
que  tous  les  grands  travaux  d  utilité  publique  exécutés  en  Autriche,  en  Hongrie ­
  et  en  Italie,  ont  été  faits  par  des  Français  et  avec  de  1  argent  français.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.