DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
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le vendredi (c’est le dimanche des musulmans), il est permis à ceux qui
cherchent femme de parler à celle qui leur plaît, eu se tenant dans la rue,
devant la fine broderie de bois qui orne les fenêtres des maisons turques,
comme la grille d’un parloir. Les demandes en mariage se font, comme en
Turquie, par l’intermédiaire de deux amis ou de deux parents. La jeune
fille, qui se tient derrière la porte close, ouvre quand elle a répondu affir
mativement à la question si elle veut suivre comme femme l’homme
qu’on lui propose.
Chose curieuse, c’est parmi les Slaves chrétiens de Bosnie que le ma-
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Bosniaques.
riage a conservé un caractère sauvage et à demi barbare. La coutume d’en
lever les filles est presque générale chez eux. Ces rapts s’opèrent à main
armée et entraînent souvent l’effusion du sang. Si la jeune fille résiste, on
la frappe à coups de bâton et on la tire par les cheveux. On 1 entraîne au
milieu des bois, et on la marie dans quelque hutte de charbonnier. Le pope,
sous peine d’être battu, est contraint de célébrer ce mariage au gourdin.
Remarquez que jusqu’en 1852 le svstème féodal a été maintenu en
Bosnie et en Herzégovine dans toute sa rigueur. Ces deux provinces étaient
sous T autorité directe d’une noblesse militaire retranchée dans ses châteaux
forts et formée de tous les begs et capitaines, descendants des anciens
magnats slaves qui occupaient le pays lors de sa conquête par les Turcs. Il
y avait bien un vizir ou un pacha qui résidait à Travenick, mais il ne se
mêlait pas des affaires intérieures. Son autorité était si faible, du reste, qu il