SALAIRES
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à 208 '/o. Il est à remarquer encore que le chiffre de
26 s %, qui indique la plus faible hausse des salaires,
concerne précisément la région où l’augmentation des
broches a été la plus forte, c’est-à-dire de 208 °/ 0 . Et
qu’inversement l’augmentation de broches la plus laible
soit 40 %, coïncide avec la hausse de salaire de 32° %
qui est la plus considérable. Remarquons enfin que le
nombre 27', qui exprime la hausse .des salaires moyens
annuels de toute l’Allemagne, de 1887 à 1905 est plus
faible que la réalité par le fait qu’il contient les résul
tats des trois Etats de l’Allemagne du Sud (Bavière, Wur
temberg et Grand-Duché de Bade), dont les chiffres ne
sont connus jusqu’ici que jusqu’en 1901, la statistique
de cette région n’étant publiée que tous les cinq ans. Or,
la main d’œuvre a notablement haussé de 1901 à 1905.
La période de 1887 à 1905 a vu, en regard d’une hausse
des salaires, d’environ 30 %, se réduire notablement la
durée des heures de travail, la loi de 1891 ayant limité
le travail des femmes à 65 heures par semaine, supprimé
les travaux des dimanches et fêtes, etc., etc.
Il est certain que le développement colossal de l’in
dustrie allemande en général, pendant le dernier quart
de siècle, et notamment, sans doute, celui de l’industrie
des métaux, dont les salaires sont les plus élevés (et qui
occupe un nombre d’ouvriers notablement plus grand
que l’industrietextile), a eu la plus grande part d’influen
ce sur cette augmentation du prix de la main d’œuvre.
On a constaté en 1905 que la production des machines
à vapeur avait doublé en Allemagne depuis 1898. D’autre
part, l’Allemagne, qui ne produisait que 2.227.000 tonnes
de fer en 1879, a produit en 1903, 10.018.000 tonnes
— plus de quatre fois plus qu’en 1879 — et ce taisant, a
dépassé 1 Angleterre, quien 1903 n’a produit que 8.952.000
tonnes, alors qu’elle en produisait déjà 6.093.000 en 1879.