VI
PRÉFACE.
qui, autrefois, séparait les hommes, crée aujourd’hui
des liens entre eux et les unit.
Une révolution profonde, due à la science et à l’industrie,
a changé sur la planète les conditions de la
vie. Le monde a été découvert et parcouru tout entier.
Il n’a plus existé de contrées inconnues ou mystérieuses.
L’Afrique elle-même a livré ses secrets. La vapeur
et l’électricité ont rapproché les continents. On a asservi
les grandes forces de la nature. Le vent a cessé
d’être un rnoleur et l’océan d’être un obstacle. A travers
les déserts de l’Asie, on a fait circuler des trains
de chemin de fer. L’Atlantique a été franchi en moins
de temps qu’il n’en fallait autrefois pour traverser la
Méditerranée. L’Amérique est devenue plus voisine de
l’Europe que la Corse ne l’élait de Paris. La pensée a
circulé sous les îlots. Et ce mouvement incessant des
idées, ce perpétuel va-et-vient des hommes à travers
le globe, en mêlant les races, en obligeant les intelligences
à se pénétrer davantage, en créant ou en réunissant
des intérêts, ont orienté vers des horizons nouveaux
l’humanité tout entière".
Au commencement du dernier siècle, encore, les
nations pouvaient vivre d’elles-mêmes et en elles-mêmes.
Elles ne le peuvent plus aujourd’hui. Le machinisme
moderne ne le permet pas. La surproduction les ruinerait.
Il leur faut, pour exister, pour alimenter leurs
industries, pour donner du pain à leurs ouvriers, pour
échapper au danger social qui les menace toutes, d’une